L’UFC Que Choisir veut inscrire dans la loi Macron des mesures de mobilité bancaire
Alors que seulement 3% de clients changent de banque en France chaque année, selon le Conseil consultatif du secteur financier (CCSF), un quart d’entre eux en moyenne se déclarent insatisfaits de leur banque et donc prêts à la quitter, selon plusieurs études des cabinets Bain et Deloitte et de l’UFC Que Choisir.
L’association lance une nouvelle offensive en vue de favoriser la mobilité bancaire en France, où elle serait entravée par la complexité, les risques d’erreurs et le coût des démarches.
L’UFC Que Choisir veut introduire sous forme d’amendements dans la future loi Macron des mesures qu’elle n’est pas parvenue à imposer dans le projet de loi. Elle demande a minima la redirection automatique par l’ancienne banque des opérations en cours vers la nouvelle, équivalent du transfert automatique de courrier par la Poste. Elle réclame aussi la portabilité «intermédiée» des domiciliations bancaires via un fichier de numéros «alias», reliés aux numéros de comptes. Seule la Suède a mis en place un tel système, pour la clientèle des professionnels, mais il serait techniquement transférable pour le grand public.
L’idéal pour l’UFC Que Choisir serait que soit instaurée la portabilité du compte bancaire, à l’image de celle des numéros de téléphone mobile depuis 2003. «Cette solution est complexe techniquement et ne peut être envisagée qu’à l’échelon européen. Il faudrait que la Commission le décide, ce qui n’est pas gagné et ne se fera pas à court terme», admet Alain Bazot, président de l’association, qui demande le démarrage d’une étude technique européenne de faisabilité. En France, un rapport gouvernemental réalisé par la Cour des comptes sur le sujet doit être remis au Parlement avant la fin du mois, dans le cadre de l’application de la loi bancaire de 2013.
En cherchant à augmenter la mobilité, l’UFC Que Choisir veut permettre une meilleure concurrence entre les banques, aux tarifs très disparates. «Il y a un enjeu économique. Les consommateurs paient 10 milliards d’euros par an au titre des frais bancaires à leurs banques. Il y a un gisement d’économies de frais considérables », estime Alain Bazot. Une mobilité facilitée permettrait aussi d’éviter incidents et frais afférents, alors que plus de 300.000 chèques sont rejetés chaque année lors des procédures de changement de banque.
La Fédération bancaire française rappelle de son côté que le service de mobilité lancé en 2009 est efficace et gratuit, et qu’il a été inscrit dans la loi Hamon de mars 2014.
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