L’ouragan Irene coûtera moins que prévu au secteur de l’assurance
Le secteur de l’assurance anticipait un coût élevé du passage de l’ouragan Irene en Amérique du Nord. Mais les dégâts provoqués ne devraient finalement pas être aussi importants que prévu, le phénomène ayant perdu en intensité à l’approche des côtes américaines.
Selon les estimations de la société Kinetic Analysis, le montant total des dégâts aux Etats-Unis devrait être compris entre 5 et 10 milliards de dollars, sa «meilleure estimation» tournant autour de 7 milliards. A ce niveau, Irene serait le neuvième ouragan le plus coûteux aux Etats-Unis, le record étant détenu par Katrina avec 45 milliards, d’après l’Insurance Information Institute. Sur ce montant estimé, le secteur de l’assurance ne devrait être sollicité qu’à hauteur de 2,6 milliards, l’essentiel des dommages n’étant pas couvert par les assureurs. Kinetic, qui tablait la semaine passée sur plus de 20 milliards de dégâts, explique en effet que l’essentiel des dégradations a été provoqué par des inondations et que celles-ci sont prises en charge par un organisme public et non par les assureurs privés.
Le secteur sera principalement mis à contribution dans les Etats de New York, du New Jersey et de Caroline du Nord pour des montants compris entre 470 et 751 millions de dollars. «Ce (l’ouragan) n’est pas la goutte d’eau qui fait déborder le vase», a déclaré Charles Watson de Kinetic Analysis, cité par Bloomberg. «Le nettoyage va représenter environ la moitié du coût réel, et c’est à la charge de l’Etat.» A ces coûts s’ajoutent les dommages subis dans les Caraïbes pour un montant compris entre 500 millions et 1,1 milliard de dollars, d’après les estimations d’Air Worldwide.
Les réassureurs, très sollicités après les nombreuses catastrophes naturelles du premier semestre, dont le séisme au Japon, devraient être relativement épargnés. D’après un analyste de Vontobel, ils devraient assumer un tiers des coûts d’assurance liés à l’ouragan. Il estime ces coûts à 100 millions de dollars pour Swiss Re. Les réassureurs allemands Hannover Re et Munich Re ont quant à eux déclaré qu’il était encore trop tôt pour évaluer les dégâts.
Si le coût de l’ouragan est inférieur aux prévisions initiales, cela pourrait néanmoins inciter certains groupes à militer pour une hausse des primes d’assurance, alors que 2011 constitue déjà une année «sans précédent» de catastrophes naturelles, selon les termes du spécialiste du secteur AM Best.
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