L’ouragan Ian devrait coûter 1,6 milliard d’euros à Munich Re
Munich Re n’échappe pas à la vague de pertes entraînées par l’ouragan Ian. Le groupe allemand, premier réassureur mondial avec 48 milliards d’euros de primes brutes émises de réassurance en 2021, a indiqué vendredi s’attendre à ce que la tempête lui coûte 1,6 milliard d’euros après rétrocession. «Cette estimation reste soumise à une incertitude importante», note Munich Re. Il estime le coût total de l’ouragan pour le secteur de l’assurance à 60 milliards de dollars.
Le réassureur suisse Swiss Re, qui chiffre le cout de l’ouragan de catégorie 4 qui a touché la Floride le 28 septembre entre 50 et 65 milliards de dollars pour le secteur, a déjà estimé à 1,3 milliard d’euros le coût des sinistres sur ses résultats. Les deux autres grands réassureurs européens, Hannover Re et Scor, n’ont pas encore précisé leurs estimations de sinistres liés à l’évènement mais leurs expositions en Floride sont moins importantes.
Objectifs confirmés
Contrairement à Swiss Re, qui a annoncé qu’il affichera une perte de 500 millions d’euros au troisième trimestre, Munich Re conserve son optimisme. Le groupe allemand prévoit un bénéfice au titre du troisième trimestre de 500 millions d’euros, alors que le consensus des analystes fourni par le groupe planche au contraire pour une perte de 167 millions d’euros, et a confirmé son objectif de bénéfice net annuel de 3,3 milliards d’euros.
«Il est devenu beaucoup plus difficile d’atteindre l’objectif de bénéfice pour 2022», reconnaît toutefois le réassureur, qui le conditionne à «la réalisation d’effets exceptionnels positifs actuellement prévus, notamment en ce qui concerne les investissements». Les analystes, qui planchent en moyenne sur un bénéfice annuel de 2,6 milliards d’euros, sont plus prudents. «Sur la base d’un résultat net de 1,9 milliard d’euros pour les neuf premiers mois de l’année, cela signifie qu’un résultat de 1,4 milliard d’euros au quatrième trimestre est nécessaire pour atteindre les 3,3 milliards d’euros, ce qui est nettement supérieur à un rythme trimestriel normal d’un peu plus de 800 millions d’euros», soulignent les analystes de RBC Capital Markets. Cet objectif est aussi conditionné à une charge «normale» de gros sinistres au dernier trimestre de 1 milliard d’euros.
Le marché semble, de son côté, rassuré par la confirmation des objectifs. Vendredi, le titre Munich Re a clôturé en hausse de 3,45% à 258,2 euros.
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