Londres veut rendre ses obligations sécurisées plus compétitives
Indispensables au financement des banques, les covered bonds deviennent un enjeu de compétitivité des systèmes financiers nationaux. C’est dans cette logique que le Trésor et la FSA britanniques ont publié hier une réforme du cadre en vigueur outre-Manche pour les obligations sécurisées. «Cela permettra d’assurer que les covered bonds britanniques soient comparables à ceux des autres pays et puissent les concurrencer sur un pied d'égalité», précisent les régulateurs. Le régime en vigueur date de 2008, bien que les premières émissions de covered bonds britanniques remontent à 2003. Le marché pèse aujourd’hui l’équivalent de 100 milliards de livres, libellés pour l’essentiel en euro (48%) et en sterling (47%). Les principaux émetteurs sont Bank of Scotland, Nationwide et Santander UK.
La réforme entrera en vigueur à fin 2012. Au menu: davantage de transparence et de sécurité pour les investisseurs. Les émetteurs devront ainsi préciser si leur programme est destiné au refinancement d’un seul type d’actifs, tel l’immobilier, ou de plusieurs. Ils ne pourront y inclure des titrisations. Un niveau minimum d’excédent d’actifs garantissant le nominal de l’obligation (la «surcollatéralisation») sera imposé. Le Trésor et la FSA rappellent que ce taux varie en Europe de 2% à 5%. Enfin, le portefeuille refinancé devra être soumis à un audit indépendant, et l’information fournie aux investisseurs sera plus détaillée.
En mettant ses obligations sécurisées aux standards de qualité européens, Londres entend favoriser l’accès de ses banques à de la ressource stable. Un impératif, car les prêteurs britanniques doivent à la fois réduire leur dépendance au financement de court terme et rembourser de grosses tombées: entre 400 et 500 milliards de livres sur 2011 et 2012, estimait la Banque d’Angleterre fin 2010 dans son dernier rapport de stabilité financière.
Or, malgré des émissions records de près de 10 milliards de livres au premier trimestre, les covered bonds britanniques n’ont représenté que 8% des volumes placés en Europe sur la période, derrière la France (28%), l’Espagne (17%), l’Allemagne (14%) et l’Italie (13%). Le marché explose, au point de devenir parfois une bouée de sauvetage. «Pour les banques espagnoles les plus faibles qui ont un accès limité ou nul au financement senior non sécurisé, le marché des covered bonds a offert un soutien utile», relevait mardi Deutsche Bank.
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