Lloyds ravive les inquiétudes sur l’exposition des banques à l’Irlande
Les banques n’ont pas fini de payer leur exposition à l’Irlande. Dernière victime en date: Lloyds Banking Group a presque triplé sa provision pour créances douteuses sur son portefeuille de prêts dans le pays, craignant que «la reprise économique en Irlande puisse prendre plus de temps, et que le prix des actifs puisse rester dépréciés plus longtemps qu’initialement anticipé». Quelque 4,3 milliards de livres sont ainsi provisionnés dans ses résultats annuels au titre de ses créances douteuses en Irlande, contre 1,56 milliard à l’issue du premier semestre, portant le ratio de couverture des pertes sur crédit à 54% (contre 41,6% fin juin).
Cela correspond à une hausse de 10% du montant total de la valeur du portefeuille de créances irlandaises détenues par la banque, de 26,7 milliards de livres. A 3,1 milliards de livres sur l’année, les analystes anticipaient un réajustement des provisions nettement inférieur, alors qu’elles pesaient déjà 24% du total des charges de la banque au premier semestre. Lloyds souffre de son portefeuille de prêts en immobilier commercial hérité du rachat de HBOS.
Mais Lloyds n’est pas la seule concernée en Grande-Bretagne. D’ailleurs, l’Etat britannique a souhaité mettre la main à la poche pour aider son voisin dans le cadre du plan de sauvetage mis en place par l’UE et le FMI, alors que la BoE s’inquiète dans son dernier rapport de l’exposition des banques du pays aux crédits aux ménages et entreprises de la zone euro. CreditSights estime que «de nouvelles pertes sont inévitables, ce qui devrait avoir des conséquences pour d’autres banques exposées au marché irlandais, telles que RBS et Danske Bank».
Par le biais de sa filiale irlandaise, Ulster Bank, RBS a une exposition au marché irlandais de 47,9 milliards de livres, et a déjà passé pour 4,8 milliards de provisions. Joseph Dickerson, analyste chez Execution Holdings, estime qu’elle devrait avoir besoin de 8 milliards supplémentaires pour couvrir son portefeuille irlandais. Quant à la banque danoise Danske Bank, exposée à hauteur de 9,8 milliards d’euros via National Irish Bank, elle a récemment indiqué que ses provisions resteraient élevées en 2011. La belge KBC est aussi exposée au titre d’un portefeuille de prêts de 17,4 milliards, dont 9% sont jugés non-performants.
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