Lloyds Banking Group prend les investisseurs de court

L’établissement britannique repousse le versement de ses dividendes et annonce des provisions supplémentaires massives
Antoine Landrot

Après Deutsche Bank et RBS, c’est au tour de Lloyds Banking Group (LBG) de doucher l’enthousiasme des marchés à quelques jours de la publication de ses comptes – prévue le 13 février.

Alors que ses actionnaires et les investisseurs espéraient que l’établissement reprenne une politique de dividende au titre de l’exercice 2013, celui-ci a annoncé qu’il demanderait à la Prudential Regulatory Authority (PRA, le régulateur financier britannique) au cours du deuxième semestre 2014 seulement l’autorisation de redémarrer sa politique de dividende. L’établissement précise qu’à moyen terme, il a vocation à distribuer au moins 50% de ses bénéfices aux actionnaires.

Cette décision signifie qu’un versement ne sera envisageable qu’à compter de l’année 2015 – à condition, précise encore LBG, qu’il dégage des bénéfices suffisamment solides et qu’aucun changement inattendu n’intervienne dans les perspectives ni la réglementation bancaire.

Autre nouvelle désagréable, l’établissement britannique a annoncé des provisions pour litiges de plus de 1,9 milliard de livres (2,3 milliards d’euros) au quatrième trimestre. De ce montant, 1,8 milliard est lié aux ventes abusives de contrats d’assurance emprunteur (payment protection insurance, ou PPI), un scandale qui implique de nombreuses banques britanniques. En outre, 130 millions de livres ont été consacrés à couvrir d’éventuelles condamnations ou arrangements relatifs à la vente de produits d’arbitrage à des TPE et PME britanniques.

LBG indique avoir revu à la hausse ses anticipations du volume de plaintes à venir (550.000), de leur taux de recevabilité et des coûts administratifs des procédures. «La nouvelle provision de 1,8 milliard de livres passée pour couvrir le coût des PPI porte le montant pour 2013 à 3,05 milliards et le montant total à 9,825 milliards», indique l’établissement. Au 31 décembre, 2,8 milliards de livres de provisions n’ont pas été effectivement consommés.

Concernant les produits de couverture, la nouvelle charge passée au quatrième trimestre porte le montant total de provisions à 530 millions de livres. Ces deux éléments montrent que le groupe est loin d’en avoir terminé avec les litiges.

La déception provoquée par l’avertissement de LBG a éclipsé la publication préliminaire d’un bénéfice imposable sous-jacent de 6,2 milliards de livres (7,5 milliards d’euros) en 2013, supérieur de 400 millions de livres au consensus des analystes. Le titre a chuté de 4%, à 80 pence.

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