Lloyds Banking Group pourrait céder plus d’agences que prévu
Dans l’ensemble modérées, les recommandations publiées hier par la commission bancaire indépendante britannique (ICB), sous la houlette de Sir John Vickers, ont en revanche été particulièrement dures à l’encontre de Lloyds Banking Group (LBG). Le rapport transitoire estime en effet que la cession des 600 agences exigées par la Commission européenne en échange de l’aide de l’Etat britannique et dont la finalisation est attendue d’ici à fin novembre 2013, n’aura pas d’effet suffisant sur la concurrence à moins que ce chiffre ne soit «considérablement augmenté».
Sans préciser le nombre d’agences susceptibles d’être cédées, la commission signale en effet que la part de marché de LBG au Royaume-Uni dans le secteur des comptes courants, après la cession des 600 agences, atteindrait toujours 25%. Elle serait de 19% dans les prêts immobiliers et de 21% dans les services aux PME. Soit beaucoup trop dans un univers bancaire en mal de concurrence. A l’inverse, la commission a estimé qu’il n’y avait pas nécessité à exiger de RBS un surcroît de cessions d’actifs (ndlr: la banque a cédé 318 agences et d’autres actifs à Santander en août 2010). «LBG ayant une part de marché combinée bien plus importante dans les secteurs apparaissant les moins concurrentiels» selon le rapport.
La commission indépendante a également regretté que le gouvernement britannique ait modifié en 2008 les règles de la concurrence afin de faciliter la fusion entre Lloyds TSB et HBOS. Pour autant, elle ne revient pas sur la fusion, estimant que l’investissement déployé dans l’intégration des deux banques au cours des deux dernières années rendrait la scission particulièrement coûteuse. Ses avantages ne seraient pas non plus évidents: si un retour en arrière permettrait de réduire la part de marché de LBG, cela ne redonnerait pas à HBOS la place de concurrent de poids qu’il occupait alors.
La publication de ce rapport transitoire n’a pas manqué de provoquer les critiques des dirigeants de LBG: Win Bischoff, président du groupe, a ainsi exprimé sa surprise et celle de son conseil d’administration à l’idée d’une cession plus large du nombre d’agences, contraire, selon lui, aux intérêts des clients de la banque. «Ces propositions pourraient paradoxalement retarder l’entrée d’un nouveau concurrent sur le marché britannique» a renchéri de son côté Antonio Horta-Osorio, le directeur général de Lloyds.
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