L’Italie supprime le cumul de fonctions dans les banques et assurances
Révolution au sein des conseils d’administration de la finance italienne. Près d’un millier de managers, directeurs généraux et autres administrateurs de banques, compagnies d’assurances et sociétés financières italiennes avaient jusqu’à hier (jeudi 26 avril) pour mettre fin à leur cumul de fonctions. Pour lutter contre les conflits d’intérêt et favoriser la concurrence, le chef du gouvernement Mario Monti a adopté en décembre dernier, dans le cadre de son plan d’austérité «Sauve-Italie», une mesure interdisant aux dirigeants d’occuper deux postes dans des sociétés concurrentes sur un même secteur.
Les critères d’application de ce décret dans le secteur de la finance ont été mis au point la semaine dernière par les régulateurs, à savoir le gendarme de la Bourse Consob, l’Antitrust et l’autorité de surveillance dans le secteur des assurances Isvap, laissant peu de temps aux tops-managers italiens pour opérer des choix le plus souvent douloureux. C’est en effet toute la géographie des conseils d’administration des grands groupes financiers transalpins qui a brutalement changé en quelques jours, remettant en question le traditionnel équilibre du capitalisme italien fait de pactes et de participations croisées.
La plus grande déflagration a concerné l’axe UniCredit-Mediobanca-Generali. Le groupe bancaire UniCredit est en effet le principal actionnaire de la banque d’affaire milanaise Mediobanca, avec une participation de 8,7%, qui est à son tour le principal actionnaire du groupe Generali à hauteur de 13,24%. Trois piliers incontournables, qui ont donné lieu à une valse de démissions. Ainsi, Alberto Nagel, troisième vice-président de Generali, a quitté la compagnie pour conserver son poste de directeur général auprès de Mediobanca. Tout comme son numéro 2, Francesco Saverio Vinci qui a lâché sa fonction d’administrateur au sein de l’assureur pour rester chez Mediobanca.
En sens inverse, Vincent Bolloré a préféré laisser son fauteuil au conseil d’administration de Mediobanca, qu’il occupait depuis 2002, pour conserver son poste de vice-président de Generali, dont il possède 0,14%. Avec une part de 6%, l’homme d’affaires français est pourtant un actionnaire de poids au sein de la banque d’affaires. D’aucuns spéculent désormais sur la possibilité pour Mediobanca de réduire sa participation au sein de Generali, ce qui lui permettrait de baisser son ratio de solvabilité Core Tier 1…
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