L’ISR n’arrive toujours pas à capitaliser sur l’intérêt des épargnants français
L’ISR nage en plein paradoxe. A l’occasion du lancement de la troisième semaine de l’investissement socialement responsable (ISR), l’enquête Ipsos présentée hier lors d’une conférence et mesurant la connaissance et l’intérêt des Français pour cette thématique révèle que seulement 6% des 1.023 personnes sondées savent précisément ce qu’est l’ISR.
Une part de 66% n’ayant même jamais entendu parler de ce type d’investissement, les 28% restants ayant des difficultés à le définir. En outre, seuls 3% des investisseurs sondés ont déjà misé dans un fonds ISR, ce qui montre les progrès qui restent à accomplir dans ce domaine.
Pourtant, la demande potentielle pour cette thématique d’investissement de la part des épargnants français semble forte. Les critères sociaux et environnementaux occupent une place importante dans les stratégies de placement pour 52% d’entre eux. Ils sont également prêts à passer à l’acte. En effet, 19% des investisseurs se disent prêts à investir une part de leur épargne en ISR si on le leur proposait.
Et parmi les épargnants sachant précisément à quoi correspond ce concept, 50% seraient prêts à se tourner vers l’ISR. Or, en France, les particuliers pèsent à hauteur de 30% dans les encours ISR, contre seulement 6% au niveau de l’Europe, selon Eurosif.
En outre, en pleine crise de confiance dans le secteur bancaire, 53% des personnes interrogées estiment que le fait que leur établissement financier s’engage dans une démarche d’ISR serait de nature à renforcer leur confiance. Une même demande de transparence apparaît sur le thème de la gouvernance des entreprises. En ce sens, «l’ISR peut participer à restaurer la confiance des épargnants dans les investissements en actions» estimait hier Bertrand Fournier, président du Forum pour l’Investissement responsable.
D’autant que la France est le seul pays à avoir mis en place un code de transparence obligatoire depuis deux ans, comme se plaisait à le rappeler hier le président de l’Association française de la gestion financière (AFG), Paul-Henri de La Porte du Theil. La loi Grenelle 2 oblige en outre les sociétés de gestion à publier leur stratégie sur leurs fonds ISR.
Pour l’heure, Paul-Henri de La Porte du Theil estime que l’ISR représente 6 à 7% de la gestion en France. Une part limitée selon lui par le fait que «ses définitions donnent lieu à de grands débats».
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