L’Irlande craint la reformation d’une bulle dans les prêts hypothécaires
Chat échaudé craint l’eau froide. La Banque centrale irlandaise a proposé hier de limiter le montant des prêts que les établissements peuvent accorder à leurs clients particuliers. L’institution craint en effet que ne se reforme la bulle immobilière qu’a connue l’Irlande dans les décennies 1990 et 2000, dont l’éclatement en 2008 – dans la foulée de celle du marché des subprimes américains – avait précipité l’économie de l’île dans la crise.
Car malgré la violente purge du marché ces dernières années, les prix sont repartis depuis quelque temps à la hausse, à un rythme qui inquiète.
En effet, le prix de l’immobilier a progressé de 15% en Irlande entre les mois d’août 2013 et 2014, porté par une hausse de 25% à Dublin – les prix restent toutefois inférieurs de 41% au sommet atteint avant la crise. «L’Irlande a subi une bulle immobilière dévastatrice, provoquée par un excès de financements apporté par les banques et un excès d’emprunts des ménages. Il est essentiel que nous évitions [qu’un tel événement] se reproduise», a expliqué en conférence de presse Stefan Gerlach, gouverneur adjoint en charge de la politique monétaire. Lequel a toutefois admis que la hausse actuelle du marché ne s’expliquait pas par une surabondance de crédit, mais par une pénurie de logements. Mais les conséquences restent les mêmes: certains emprunteurs souscrivent des emprunts en dépit de leur faible capacité de remboursement, a ajouté Cyril Roux, gouverneur adjoint responsable de la réglementation financière.
C’est pourquoi l’institution estime qu’il serait approprié d’encadrer l’octroi de prêts, à travers un ratio rapporté soit à la valeur du bien, ou aux revenus de l’emprunteur. Plus précisément, les mesures viseraient à limiter les créances représentant plus de 80% de la valeur d’un bien à 15% de l’ensemble des encours de prêts immobiliers d’un établissement. Elles limiteraient également le montant des crédits supérieurs à 3,5 fois le revenu brut annuel d’un emprunteur à 20% de l’encours. Une autre idée concerne l’investissement locatif: les prêts qui représentent plus de 70% de la valeur d’un bien ne pourraient pas peser plus de 10% du montant total des crédits utilisés pour ce type d’opérations.
Ces propositions sont soumises à la consultation des banques, qui ont jusqu’au 8 décembre pour soumettre leur avis. Les analystes planchent déjà sur les conséquences de telles mesures sur la capacité des banques à dégager des bénéfices dans les activités de détail.
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