L’interprétation des règles Bâle 3 par la Fed coûtera cher à JPMorgan
Daniel Tarullo a tenu parole. Le gouverneur de la Réserve fédérale (Fed) en charge de la régulation financière, qui avait déclaré mi-septembre devant le Sénat que les contraintes en capital américaines seraient les plus strictes au monde, a présenté mardi soir un projet de règlement. Celui-ci pourrait porter jusqu’à 4,5% la surcharge en capital imposée aux établissements américains «systémiques». Nettement plus élevé que le niveau maximum de 2,5% actuellement prévu par les normes Bâle 3, ce seuil concernerait pour l’essentiel JPMorgan, selon le mode de calcul présenté par la Fed.
La banque américaine, qui occupe aux côtés de HSBC la tête du classement des établissements systémiques défini par la FSB, devrait en conséquence porter d’ici à 2019 son ratio CET1 à 11,5% de ses «actifs pondérés du risque» (RWA), si l’on tient compte du niveau minimal de 7% exigé sous Bâle 3 pour tout établissement bancaire. Etant donné le ratio de 10,1% affiché par JPMorgan à la fin du troisième trimestre, la banque devrait ainsi lever environ 22 milliards de dollars d’ici à 2019 pour combler cet écart de 140 points de base, selon Nomura.
Pour déterminer ses exigences de surcharge en capital, la Fed a innové en proposant deux méthodes, dont seul le résultat le plus défavorable sera conservé par les banques. «La première méthode se conforme de près aux calculs de Bâle 3, tandis que la deuxième détermine la surcharge en utilisant [en complément] comme variable clé les financements à court terme», soulignent les analystes de Nomura.
A la fin septembre, JPMorgan présentait le volume de financement à court terme le plus élevé des huit banques «systémiques» identifiées par la Fed et la FSB, avec 483 milliards de dollars, selon les données de Keefe, Bruyette & Woods. En proportion du RWA, il demeure cependant près de moitié inférieur à celui d’autres établissements systémiques comme Goldman Sachs ou Morgan Stanley, où il se situe aux alentours de 35%.
La Fed a précisé que «presque tous» les établissements systémiques (JPM, Citigroup, Bank of America, Goldman Sachs, Morgan Stanley, Wells Fargo, Bank of New York, State Street), remplissaient déjà les futures exigences en capital. Citigroup, qui devrait constituer la deuxième plus importante surcharge (3,5%) selon Nomura, affichait fin septembre un ratio CET1 tout juste suffisant de 10,7%. La Fed a indiqué qu’elle recevrait les doléances du secteur jusqu’au 28 février.
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