L’impact de la loi Hamon sur les tarifs d’assurance reste flou
Augmenter la concurrence et faire baisser les tarifs, c’est le double objectif de la fin de la tacite reconduction des contrats d’assurance. Cette disposition du projet de loi Consommation, présenté hier, prévoit que les particuliers puissent résilier leur police auto ou multirisque habitation à tout moment, après leur première année d’engagement.
«C’est une très mauvaise nouvelle. Le marché français est déjà très concurrentiel avec 150 acteurs et des prix inférieurs à la moyenne européenne, affirme Stéphane Pénet, directeur des assurances de biens et de responsabilité à la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA). L’auto et l’habitation sont des produits d’appel vendus à prix coûtant, avec des ratios techniques dans le rouge. La hausse des primes observée depuis 2009 n’est liée qu’à la hausse des sinistres (tempêtes, inondations, etc.)», alors que le gouvernement dénonce «une hausse continue 2 à 3 fois supérieure à l’inflation».
Outre la fraude et le développement de l’assurance «saisonnière», la FFSA craint une forte rotation des clients, alors que le taux de résiliation des contrats atteindrait déjà 17% par an en auto et 15% en habitation. «On ne voit vraiment pas comment les tarifs pourraient baisser, les marges sont déjà au plus bas», renchérit Jean-Luc de Boissieu, secrétaire général du Groupement des entreprises mutuelles d’assurance (Gema). Selon nos informations, certains assureurs estiment qu’«un point de turn-over en plus se traduira par 0,8 point de hausse tarifaire en raison des surcoûts administratifs».
Les comparateurs en ligne applaudissent au contraire la loi Hamon, tout comme les associations de consommateurs. «Il y a déjà une forte concurrence, donc même si les coûts d’acquisition des clients augmentent, il n’y aura pas de hausse des prix, prédit Maxime Chipoy, chargé d’études à l’UFC Que Choisir. La loi va donner plus de liberté aux consommateurs mais il n’y aura pas de bond des résiliations».
Outre l’auto et l’habitation, «nous aimerions que la loi Hamon soit étendue aux assurances affinitaires (téléphones mobiles, moyens de paiement, extensions de garanties), scolaires et emprunteurs, plaide Maxime Chipoy. Pour autant, les contrats affinitaires pourront désormais être résiliés sous 14 jours si le client prouve qu’il est déjà couvert. «Nous sommes prêts à accepter la résiliation sans conditions», annonce Stéphane Pénet. Un geste que n’est pas prêt à faire le Gema.
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