L’harmonisation comptable des décotes grecques fait son chemin
L’idée de nouvelles provisions sur le risque grec dans les comptes des banques au troisième trimestre commence à faire son chemin. Le 14 septembre, BNP Paribas y a fait référence «selon le résultat du plan» de sauvetage à la Grèce. Vendredi, c’est Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, qui évoquait l’hypothèse en y ajoutant le souci d’une harmonisation européenne. «Il serait souhaitable que l’EBA (l’Autorité bancaire européenne, ndlr) émette une recommandation à toutes les banques européennes afin d’adopter une pratique comptable harmonisée en matière de décote», a plaidé le banquier central dans Les Echos.
De source proche, il s’agit pour l’instant d’un simple souhait du gouverneur. L’EBA n’était pas en mesure vendredi d’indiquer si elle planche sur une telle recommandation.
Une chose est sûre, l’harmonisation s’impose. La comptabilisation des effets du plan du 21 juillet au deuxième trimestre a nourri la défiance à l’égard des banques européennes. Aux Etats-Unis, notamment, on les juge trop lentes à reconnaître leurs pertes – comme en 2007-2008 – alors que les banques américaines déprécient vite et fort leurs actifs à risque. L’IASB, le normalisateur comptable international, s’en est aussi ému en août.
Les prêteurs français, par exemple, se sont retranchés derrière l’application à la lettre de l’accord du 21 juillet: une décote de 21% sur les obligations grecques d’échéances 2011 à 2020 qui seront échangées contre de nouveaux titres. Ceci a permis à Dexia de ne déprécier que 377 millions d’euros avant impôt sur une exposition totale de 4,16 milliard (soit 9%), car la majorité de son portefeuille d’emprunts d’Etat grecs n’est pas concernée par l’échange.
De même, BNP Paribas n’a pas jugé nécessaire de déprécier ses obligations de maturités supérieures à 2020, qu’elle a évaluées suivant un modèle interne et non pas de marché. «Il n’y a pas à ce jour d’évidence objective que le recouvrement des flux de trésorerie futurs associés à ces titres soit compromis», s’est justifiée la banque.
La posture devient d’autant moins tenable que d’autres groupes n’ont pas eu ces pudeurs. Commerzbank, dont 96% du portefeuille arrivait à échéance après 2020, a décoté de 21% l’ensemble de ses titres grecs. Allianz, qui les porte à leur valeur de marché, les a dépréciés de 45% au premier semestre sans tenir compte du plan de sauvetage.
Plus d'articles du même thème
-
La France espère fédérer le G7 sur la résolution des déséquilibres mondiaux
Face à une Chine puissante par ses exportations mais entraînant d’importants déséquilibres macroéconomiques, Roland Lescure souhaite faire adopter aux ministres des finances du G7 une méthode de résolution et une coopération renouvelée. -
Olivier Blanchard relance son projet de dette commune européenne
L'ex-directeur général du FMI et Angel Ubide, cadre de Citadel, viennent de préciser leur proposition pour créer des eurobond et doter la zone euro d'un actif refuge. Une solution taillée pour désamorcer les oppositions politiques, alors que l'Europe veut gagner en souveraineté financière. -
Anne Hiebler (CACIB) : «Le M&A est un métier très exigeant qui nécessite un important engagement personnel»
La responsable des fusions-acquisitions de la banque d’investissement du Crédit Agricole a débuté dans le monde du M&A au milieu des années 90. Elle ne l’a plus quitté depuis et explique comment elle a réussi à atteindre son poste actuel tout en distillant des conseils aux femmes souhaiteraient faire carrière dans ce métier encore très masculin.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Partenaires particuliersA l'Assemblée, le RN, roue de secours du bloc central
Après la parenthèse budgétaire négociée avec les socialistes, le gouvernement trouve désormais plus facilement des appuis auprès du Rassemblement national. Une dépendance de plus en plus visible dans l’hémicycle -
Liste d'attenteRoyaume-Uni : l'après Keir Starmer, une transition ordonnée… mais longue
Le déclenchement d’une procédure pour remplacer le Premier ministre britannique est désormais lié au résultat de l’élection partielle de Makerfield, près de Manchester. -
CampagnesAnnie Genevard : « On ne peut pas rester à un tel niveau de conflictualité sur l'agriculture. Ce n'est pas sain »
La ministre de l'Agriculture défendra le texte de la loi d'urgence agricole à l'Assemblée nationale à partir du mardi 19 mai, avec la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut