L’ex-patron d’UniCredit n’échappera pas à un procès
L’ancien directeur général d’UniCredit, Alessandro Profumo, et 19 autres banquiers se retrouveront à compter du 1er octobre prochain au tribunal pénal de Milan dans une affaire de fraude fiscale, a décidé hier la juge milanaise Laura Marchiondelli.
Après trois ans d’enquête, la justice italienne estime qu’UniCredit et Barclays ont toutes deux mis sur pied un dispositif d’évasion fiscale en 2007 et 2008.
La banque britannique aurait arrangé à l’époque un montage, baptisé Brontos, au bénéfice de son homologue italienne. Le dispositif utilisait plusieurs sociétés de Barclays immatriculées au Luxembourg et au Royaume-Uni, qui émettaient des titres libellés en lires turques, puis couverts par des swaps de change, et non négociables.
Pour les magistrats italiens, les transactions réalisées n’avaient «aucune justification économique autonome», mais servaient «exclusivement à obtenir un avantage fiscal illicite».
Grâce à ce montage, UniCredit a en effet pu enregistrer les gains réalisés comme un dividende sur actions, alors que l’investissement s’apparentait en fait à un dépôt bancaire. L’astuce aurait permis à la banque italienne de réduire de 95% les revenus imposables liés à Brontos, car en Italie, les dividendes sont bien moins imposés que les revenus d’intérêt. Or l’investissement était juteux: en 2007, il aurait rapporté 20% de rendement à UniCredit, selon le juge d’instruction Alfredo Robledo.
UniCredit aurait ainsi réduit de 745 millions d’euros ses revenus imposables, dont 329 millions au titre de 2007 et 416 millions au titre de 2008. Manque à gagner pour le fisc: 246 millions d’euros, selon les calculs des juges, un mauvais point pour UniCredit à l’heure où le gouvernement Monti fait de la lutte contre l’évasion fiscale l’une de ses priorités.
Désormais président de Monte dei Paschi, Alessandro Profumo s’est fendu hier d’un communiqué dans lequel il regrette les dégâts causés à sa réputation.
Parmi les 20 accusés, 17 sont des cadres ou ex-cadres d’UniCredit, dont Patrizio Braccioni, responsable des questions fiscales et Ranieri De Marchis, responsable de la direction financière, et les trois autres travaillent chez Barclays.
Plus d'articles du même thème
-
Volkswagen est contraint d’accroître ses efforts de restructuration
Le bénéfice net trimestriel du groupe allemand a chuté de 28,4 % à 1,56 milliard d’euros sous l’effet d’une dégradation de son environnement économique et sectoriel. -
PARTENARIAT« Il faut connecter la data, les métiers et l’intelligence artificielle »
Entretien avec Raphaël Savy, Regional Vice-Président Europe du sud d’Alteryx. -
Technip Energies décroche après un avertissement sur ses comptes 2026
Le groupe parapétrolier lâche près de 10 % à la suite d'un net abaissement de ses objectifs pour l'exercice.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- Intel pulvérise les attentes grâce aux centres de données et à l'IA
- L’Italie de Giorgia Meloni présente un bilan économique mitigé
- MoneyGram va payer 1,3 million d’euros pour ses failles dans la lutte contre le blanchiment
Contenu de nos partenaires
-
Présidentielle 2027 : Olivier Faure plaide pour « un seul candidat » de la gauche hors LFI
Invité sur RTL, jeudi 30 avril, le patron du Parti socialiste a appelé à ne pas « désespérer les Français en multipliant les ambitions » pour l'élection présidentielle de 2027 -
AtonieCroissance : l'économie française en panne avant le choc pétrolier
L’économie tricolore souffre d’une demande interne atone et d’un repli massif des exportations, interrogeant la viabilité des projections annuelles du gouvernement -
Le climat est déjà un risque financier majeur pour les entreprises françaises
Beaucoup d’entreprises oublient que la majeure partie de leur empreinte carbone et de leurs risques se trouve dans leur chaîne d’approvisionnement. Or, décarboner sa chaîne d’approvisionnement, c’est à la fois réduire son impact environnemental et protéger son modèle économique