L’Europe du Sud reste une épine dans le pied du Crédit Agricole
La Grèce continue d’empoisonner le Crédit Agricole. Au premier trimestre, elle a coûté 940 millions d’euros de bénéfices à CASA, la structure cotée de la banque: celle-ci a provisionné 397 millions en raison de l’extension du PSI (la restructuration des dettes des créanciers privés) aux entreprises publiques et 485 millions dans sa filiale locale Emporiki –dont le taux d’encours douteux bruts s’est encore dégradé. Si Jean-Paul Chifflet, son directeur général, considère que l’hypothèse d’une sortie du pays de la zone euro n’est pas la plus probable, la banque est «préparée à toutes les éventualités ». Une équipe resserrée planche sur cette hypothèse «depuis plusieurs trimestres».
Celle-ci ferait planer la menace d’une augmentation de capital. Les analystes s’inquiètent d’un effet de change défavorable vis-à-vis d’une nouvelle drachme fortement dévaluée, en raison de la ligne de financement que CASA procure à sa filiale. «Cela dit, CASA est au moins parvenu à réduire le financement qu’il apporte à Emporiki de plus de 10 milliards d’euros à fin 2010 à 4,6 milliards à fin mars 2012», note Dominique Daridan, analyste crédit chez Aurel ETC Pollak.
Une mauvaise surprise est venue d’Italie, sous la forme d’une provision de 280 millions d’euros dans les portefeuilles d’Agos, la société commune dans le crédit à la consommation avec Banco Popolare. Elle se traduit par une perte nette de 124 millions.
Le plan d’adaptation du Crédit Agricole a coûté 224 millions. Toutefois, sa bonne marche est l’un des motifs de satisfaction des analystes. «A fin avril, l’objectif de réduction des besoins de financement est atteint à 70% ; en termes de réduction des emplois pondérés, 91% du plan sont réalisés», indique la banque.
L’ensemble des éléments non opérationnels ampute les bénéfices de CASA de 698 millions d’euros, à 252 millions (-76% sur un an). En les excluant, le résultat atteint 950 millions alors que le consensus indiquait 551 millions. «Les moteurs traditionnels de CASA ont dépassé les attentes en banque de détail, ainsi qu’en collecte. Les résultats sont également meilleurs en banque d’investissement», note Jean-Pierre Lambert, analyste chez KBW. Les revenus de CA CIB sur les marchés de taux ont progressé de 9% sur un an (à 577 millions) et ont quasiment quadruplé par rapport au trimestre précédent. La filiale de gestion Amundi affiche une collecte nette de 5,6 milliards.
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