L’Etat britannique engage le processus de sortie de Lloyds Banking Group

Le gouvernement cède une participation de 6% valorisée autour de 3,3 milliards de livres, alors que la banque a renoué avec les profits
Antoine Duroyon
Photo: Bloomberg
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Une nouvelle page se tourne pour Lloyds Banking Group (LBG). L’UKFI, l’organisme en charge de la gestion des intérêts de l’Etat britannique dans les banques nationalisées, a annoncé hier après la clôture du marché boursier le lancement d’un processus très attendu : le désengagement de l’actionnaire public.

Le chancelier de l’Echiquier George Osborne a donné son feu vert à l’opération. Une participation de 6% (ou 4,28 milliards d’actions), valorisée autour de 3,3 milliards de livres, devait être placée dans la nuit auprès d’investisseurs institutionnels. Bank of America Merrill Lynch, JPMorgan et UBS interviennent en tant que co-teneurs de livre, tandis que Lazard conseille le gouvernement britannique.

A l’issue de cette cession, la participation de l’Etat s'établira à 32,7%. Cette première transaction devrait être profitable pour le gouvernement. L’action LBG a clôturé hier à 77,3 pence, soit au-dessus du prix moyen de 73,6 pence que l’Etat a déboursé pour prendre une participation de 20 milliards de livres. Selon le Wall Street Journal, les titres ont trouvé preneurs entre 75 et 76 pence, avec une forte demande émanant des investisseurs américains. En tout état de cause, la valeur de cession des titres sera supérieure à celle qui apparaît dans les comptes publics (61 pence par action).

Une victoire annoncée pour le directeur général Antonio Horta Osorio, dont le travail accompli à la tête de l'établissement est salué par les investisseurs. «La priorité donnée à la cession d’activités non stratégiques ainsi que les réductions de coûts ont amélioré le niveau de solvabilité de la banque à un point qui pourrait permettre le retour à une distribution de dividendes aux actionnaires à moyen terme», se félicite Paras Anand, responsable des actions européennes chez Fidelity, troisième actionnaire de l'établissement (avec 2,45% du capital, juste derrière Blackrock). La banque a dégagé au premier semestre un bénéfice de 1,56 milliard de livres, alors que les pertes sur créances ont diminué.

Ce premier signal de désengagement devrait être suivi par d’autres opérations du même type. Mais cela se fera sans précipitation puisque l’UKFI, dirigé depuis hier par James Leigh Pemberton, et le Trésor britannique se sont engagés à ne pas céder d’autres titres durant 90 jours. Pour l’autre banque nationalisée, le chemin devrait être beaucoup plus long. Le ministre du Commerce Vince Cable a déclaré le mois dernier qu’il n’envisageait pas une reprivatisation de RBS, dont l’Etat détient 82% du capital, avant 2018.

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