L’Espagne chiffre à 20 milliards d’euros les besoins de recapitalisation du secteur financier
Une conférence de presse surprise pour une annonce attendue. La Ministre espagnole de l’Economie, Elena Salgado, a dévoilé lundi soir un nouveau plan du gouvernement visant à accélérer et, espère-t-elle, achever la recapitalisation du secteur financier espagnol d’ici la fin de l’année.
Un décret qui sera présenté courant février forcera les caisses et banques espagnoles à relever leurs ratios de fonds propres durs à un minimum de 8% dès fin 2011, un an avant l’entrée en vigueur de Bâle III. Un ratio plus élevé pourrait être exigé aux établissements n'étant pas cotés en Bourse, ne comptant pas sur assez d’investisseurs privés ou étant trop dépendants des marchés pour se financer, a expliqué hier Elena Salgado.
Dans le viseur, les caisses les plus fragiles qui seront obligées de se transformer en banques si elles ne parviennent pas à capter assez de capital d’ici à l’automne prochain pour respecter ces nouvelles normes. C’est en effet la seule formule qui permettra alors à l'État de leur injecter des fonds publics à travers une prise de participation du fonds de restructuration du secteur bancaire (Frob). Cette nationalisation durera un maximum de cinq ans, a précisé hier la ministre, et sera accompagnée d’un plan de restructuration. Le Frob, avec une capacité de 99 milliards d’euros, a jusqu’ici injecté 11,6 milliards au secteur sous forme de prêts à 7%, remboursables en 5 ans.
Selon la simulation de la Banque d’Espagne, et dans l’attente des résultats consolidés de 2010, les besoins de recapitalisation des caisses et banques pour atteindre ce nouveau seuil de capital «ne dépasseront pas 20 milliards d’euros», a assuré Elena Salgado. Une somme qui devrait être en partie puisée sur les marchés, espère la ministre, qui a ajouté que les fonds publics déboursés n’iront pas alourdir le déficit car «il ne s’agira pas d'établissements en pertes, (les fonds) vont être distribués aux conditions du marché et ce sera temporaire».
Dans l’attente de la publication imminente de l’exposition du secteur bancaire aux actifs immobiliers, la ministre a chiffré hier à 92 milliards d’euros les pertes encourues depuis le début de la crise et qui ont été amorties par les provisions spécifiques et génériques. L’agence Moody’s chiffrait hier à 17 milliards le montant de la recapitalisation nécessaire des caisses et à 89 milliards dans un scénario noir.
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