Les tests de résistance sont faussement rassurants pour les assureurs

Ils retiennent des hypothèses plutôt clémentes au regard des événements récents. Les participants français dépassent leurs exigences en capitaux
Antoine Landrot
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Malgré ses résultats apparemment rassurants, la deuxième vague de tests de résistance menés dans l’assurance européenne sous l’égide de l’Eiopa (European Insurance and Occupational Pensions Authority), en prévision de la mise en place des règles de Solvabilité 2, laisse circonspect.

En effet, les scénarios retenus par le régulateur, les mêmes que ceux de l’EBA pour les banques, paraissent particulièrement cléments. Malgré cela, 10% des participants (soit 13 sur 129) au test ne parviennent pas à atteindre le niveau minimum de capital requis (MCR). Leur déficit de fonds propres atteint entre 2,5 et 4,4 milliards d’euros selon les scénarios.

Ainsi, l’hypothèse macroéconomique la plus défavorable («adverse») prévoit une baisse des actions de seulement 15%. Une ampleur qui paraît bien faible si on la compare avec ce qu’a enduré le marché ne serait-ce que ces derniers mois: l’indice Eurostoxx 50 avait reculé de plus de 11% entre mi-février et mi-mars, en pleins atermoiements sur la crise de la dette grecque. Le scénario plus neutre et plus probable («central») ne retient lui qu’un recul des actions de 7,5%. Selon l’Eiopa, 8% des participants échouent à atteindre le MCR dans ces conditions.

Il existe également un troisième scénario dit «inflation», prévoyant une hausse de l’inflation forçant les banques centrales à une remontée rapide des taux. Une quatrième hypothèse a été retenue: celle d’un choc sur les dettes publiques. Mais le constat de clémence est le même. Les hausses des rendements appliquées aux expositions des assureurs aux titres souverains atteignent par exemple 48 points de base (pb) pour la France et 255 pb pour la Grèce. Des progressions déjà largement vécues ces derniers mois. Pourtant, 5% des participants n’atteignent pas leur MCR. L’hypothèse d’un défaut ou d’une restructuration n’a pas été testée.

Côté français, on se félicite de la santé des assureurs nationaux. Selon le communiqué de l’Autorité de contrôle prudentiel, «tous les groupes testés ont affiché un ratio de couverture du MCR supérieur à 100%, dans chacun des trois scénarios principaux ainsi que le scénario annexe».

Pour la totalité des participants, le surplus de fonds propres atteint 275 milliards d’euros dans le cadre du scénario adverse et 367 milliards dans le scénario inflationniste. Sans l’application des tests de résistance, l’excès de capital atteint 425 milliards d’euros.

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