Les tests de 2014 alimentent les cessions d’actifs bancaires
L’approche de l’AQR et des tests de résistance anime les cessions de portefeuilles dans la sphère financière. La revue de la qualité des actifs bancaires que doit mener cette année la BCE incite les banques à alléger leurs bilans. En particulier dans les pays comme l’Allemagne, l’Autriche ou l’Italie, où certains établissements ont pris du retard.
Hier, Commerzbank a ainsi annoncé la vente d’un portefeuille de prêts à l’immobilier commercial en Espagne, classés en encours douteux. Portant sur un montant de 710 millions d’euros, cette cession permettra à la banque allemande de réduire ses actifs pondérés en risque de 600 millions. Elle libérera environ 20 millions d’euros de capital, au prix d’une moins-value enregistrée dans les comptes du quatrième trimestre 2013. La banque n’a pas dévoilé l’identité des investisseurs.
C’est surtout en Italie que le mouvement s’accélère. En début de semaine, UniCredit a cédé 700 millions d’euros d’actifs non performants au fonds Anacap Financial, sa deuxième transaction du genre en un mois. Mais le débat change de dimension avec les rumeurs récurrentes sur la création de structures de défaisance des créances douteuses des banques. Le 1er février, le Financial Times faisait état de réflexions chez Intesa Sanpaolo autour d’une «bad bank» interne qui pourrait recueillir 55 milliards de prêts.
En fait, le projet s’annonce plus ambitieux encore: Intesa et UniCredit discuteraient de la création d’une structure commune avec le fonds américain KKR, dans laquelle les deux premières banques italiennes prendraient chacune une participation minoritaire, écrivait hier La Repubblica. L’initiative viserait en particulier les prêts restructurés, l’un des points d’attention des superviseurs bancaires cette année. Le montant nominal de ces encours déjà renégociés atteint 8,1 milliards d’euros chez UniCredit et 2,5 milliards chez Intesa.
Ces projets de nettoyage des bilans seraient positifs pour le secteur, jugeaient cette semaine les analystes de Morgan Stanley. «Les banques auront plus de facilité à vendre leurs prêts non performants quand ceux-ci auront été isolés et correctement provisionnés», relèvent-ils. Il restera malgré tout encore du chemin à faire: UniCredit et Intesa ne représentent que 28% des encours de crédit en Italie, rappelle Alberto Gallo, stratégiste chez RBS.
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