Les surcharges pour les banques systémiques devraient se généraliser
La liste des 29 institutions financières mondiales systémiques (ou G-SIFIs), publiée vendredi par le Conseil de stabilité financière (FSB), recèle des sujets d’étonnement qu’il convient de relativiser.
Cinq critères déterminent une banque G-SIFI : taille, interconnexion, absence de substituabilité, dimension «interjuridictionnelle» (internationale) et complexité. Mais le FSB n’a ni justifié ses choix, ni détaillé les conséquences qui s’appliqueront à chaque banque (entre 1% et 2,5% de ratio de fonds propres durs - core tier one).
La présence de Dexia, en cours de démantèlement, est une surprise. L’établissement occupe une place majeure en Belgique et finance nombre de collectivités locales: si, à ce titre, un défaut ou une faillite peut déstabiliser le système financier d’outre-Quiévrain, voire en France, les effets sont plus incertains à l’échelle internationale.
«Dexia est pénalisée par sa dépendance à l’égard des marchés pour son financement: du point de vue du FSB, la banque est fortement interconnectée, explique un analyste. Elle peut paraître également difficilement substituable, étant donné les actifs en conservation qu’elle détient à travers sa société commune avec RBC, ainsi que son importance auprès des collectivités locales.»
De même, l’espagnol BBVA et l’italien Intesa ne sont pas considérés comme G-SIFI: or, leurs rivales respectives – Santander et Unicredit – figurent dans la liste. Le critère international peut expliquer la différence de traitement: Santander est fortement exposée au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, Unicredit à l’Europe orientale.
Cela dit, les choses pourront changer d’ici à 2014, date à laquelle les G-SIFIs devront supporter la surcharge de capital en 2016. Ainsi, Dexia aura perdu sa dimension systémique d’ici là. En outre, le FSB doit encore publier une liste de SIFIs nationaux.
Surtout, en imposant à l’ensemble des banques 9% de core tier one au 30 juin 2012, l’Autorité bancaire européenne (EBA) répond indirectement aux exigences du FSB. Le marché devrait faire le reste en ne s’encombrant pas de distinctions à partir du moment où les banques sont concurrentes. «Même les banques non G-SIFIs devront satisfaire aux exigences complémentaires en termes de capital pour continuer à être attractives vis-à-vis des clients et des investisseurs. Ainsi, le niveau de ratio core equity tier one Bâle 3 des banques devrait être compris entre 9,5% et 10%», explique Alex Koagne, analyste chez Natixis.
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