Les stress tests pourraient forcer les banques françaises à lever du capital

Une à deux opérations de marché ne seraient pas à exclure selon les hypothèses retenues par les superviseurs européens
Alexandre Garabedian

Il faut satisfaire les marchés. Partant de ce postulat, l’Autorité bancaire européenne (EBA) affine de nouveaux tests de résistance bancaire dont la méthode sera fixée d’ici au sommet européen du 23 octobre. Des tests qui pourraient contraindre les banques françaises à muscler leur capital.

Deux principes dirigent l’exercice. D’une part, accélérer l’application des ratios de Bâle 3 – de la même manière que dans l’Hexagone, la Banque de France a demandé aux banques de présenter un ratio de fonds propres durs à 9% dès 2013. D’autre part, passer toutes les dettes souveraines européennes en valeur de marché. Les nouveaux tests définiront alors un coussin de sécurité destiné à couvrir la différence entre cette valeur de marché et celle des emprunts d’Etat dans les livres bancaires.

Le diable est dans les détails. En juillet, l’EBA avait «stressé» seulement les dettes souveraines du trading book, avec des décotes générales, y compris sur la dette française. Le ratio de fonds propres durs à passer était de 5%. Mais la définition du capital ne répondait pas encore à celle de Bâle 3, très restrictive. Ceci a permis à Dexia de réussir cet été le test malgré la faible qualité de ses fonds propres.

De source proche du dossier, le superviseur devrait encore raisonner en Bâle 2.5 (des règles intermédiaires applicables au 1er janvier) pour calculer un ratio de core tier one plancher de 7% à 9%. Appliquer une définition en Bâle 3 reviendrait à exiger plusieurs dizaines de milliards d’euros de fonds propres supplémentaires. Le scénario macroéconomique a aussi son importance, puisqu’il détermine la capacité des banques à reconstituer leurs fonds propres grâce à leurs résultats.

Pour les banques françaises, les besoins en capitaux «probables sont assez faibles», estime une source officielle. Si les calculs des analystes diffèrent entre eux, RBS, Deutsche Bank, la Société Générale, UniCredit, mais aussi BNP Paribas et BPCE reviennent parmi les grands groupes susceptibles d’être sous la barre requise. Reuters évoquait hier un besoin de 9 milliards d’euros pour Deutsche Bank avec un ratio plancher de 9%.

«Chez les banques françaises, avec l’accumulation des résultats, et peut-être une ou deux opérations de marché, cela devrait passer», juge la même source. Si la réduction des bilans et la baisse des dividendes ne suffisent pas, et que les marchés sont fermés, la France ouvrira son guichet public.

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