Les sociétés financières pourraient être poussées à collecter des dépôts
Entamées à la fin de l’été dernier, les discussions entre l’Association française des sociétés financières (ASF), la direction du Trésor et l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) sur la création d’un statut dédié aux sociétés financières avancent, mais ne lèvent pas toutes les hypothèques sur l’avenir de la filière.
Dans le contexte de transposition de Bâle 3, le règlement européen CRR4, qui se substitue directement aux normes nationales, impose à la France de restreindre sa définition d’établissement de crédit aux seules institutions collectant des dépôts, excluant la plupart des sociétés financières (spécialisées dans le crédit à la consommation, l’affacturage, etc.). Or, sans ce statut, celles-ci perdront la possibilité essentielle de se refinancer auprès de la BCE.
Mais la filière française souffre de son isolement sur ce point. «Nous aurions souhaité bénéficier d’une clause d’antériorité concernant l’accès au guichet de la BCE. Mais les sociétés financières françaises seraient les seules à la demander», explique à L’Agefi Françoise Palle-Guillabert, déléguée générale de l’ASF. Conséquence, «celles qui ont besoin d’un accès à la BCE n’auront pas le choix: il est à craindre qu’elles se lancent dans la collecte de dépôts», ajoute Françoise Palle-Guillabert, avec tous les risques que comporte une telle course.
Au stade actuel, les autorités envisagent de laisser le statut d’établissement de crédit à deux types d’acteurs autorisés à collecter des dépôts: les prêteurs généralistes (les banques) et les spécialistes. Les sociétés financières pourraient choisir ce sous-statut, mais elles subiraient l’ensemble des règles applicables aux établissements de crédit. Parallèlement, un statut de «société de financement» serait créé, pour les acteurs ne collectant pas de dépôts. Mais «il n’y a aucune certitude quant au régime prudentiel appliqué aux futures sociétés de financement», regrette Françoise Palle-Guillabert.
Les sociétés financières ont intérêt à ce qu’il soit le plus proche possible de celui des établissements de crédit. Car comme le fait remarquer l’ACP dans une note récente, seules les institutions soumises à des exigences prudentielles comparables se verraient par exemple accorder l’éligibilité de leurs prêts cautionnés au refinancement par obligation foncière. Un droit tout aussi indispensable à l’exercice de leur métier. Le gouvernement a jusqu’au 30 juin pour fixer le nouveau cadre.
Plus d'articles du même thème
-
Nippon Paint convoite les peintures décoratives d’Akzo Nobel
Le groupe japonais a proposé 7,5 milliards d’euros pour acquérir cette activité auprès du chimiste néerlandais. Mais celui-ci privilégie sa fusion avec l’américain Axalta. -
Les banques allemandes veulent récupérer les garanties perdues à cause des sanctions russes
Deutsche Bank, HVB et Commerzbank ont intenté un procès à l’entreprise Linde. Elles lui avaient accordé des garanties pour un projet gazier qui a été annulé à cause des sanctions internationales contre la Russie. Le résultat du procès pourrait influer sur la manière dont les banques envisagent leurs garanties dans des pays politiquement exposés. -
Mastercard sécurise son futur sur la blockchain
L'entreprise souhaite proposer à ses clients à la fois des cartes pour payer en cryptomonnaie, des stablecoins pour les paiements transfrontaliers et des dépôts tokenisés pour les banques.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
- BNP Paribas et Caceis veulent sortir du métier des services aux émetteurs
- Les ambitions d’Air France-KLM sont freinées par des vents contraires
- Apple injecte 30 milliards de dollars dans des puces Broadcom conçues aux Etats-Unis
- Michala Marcussen (Société Générale) : «L’Europe pourrait s’inspirer de certaines pratiques chinoises»
- Le gouvernement annonce de nouvelles économies et évoque un dérapage du déficit public
Contenu de nos partenaires
-
« La France davantage ciblée » : la Russie accusée de mener une vaste campagne cyber en Europe
Le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot a annoncé ce lundi la convocation de l’ambassadeur russe après avoir révélé l'existence d'une vaste campagne cyber d'espionnage et de sabotage menée par le FSK et les hackers de « Turla ». -
RIPMais que va faire Donald Trump sans son allié Lindsey Graham ?
La mort du sénateur républicain de Caroline du Sud prive le président américain de son meilleur négociateur au Sénat et de l'un des principaux architectes de sa politique étrangère -
Tetris agronomiqueCanicule et sécheresse : l'agriculture française face au mur de l'adaptation au changement climatique
L'agriculture française, en première ligne face aux sécheresses et aux coups de chaud, multiplie les chantiers d'adaptation et met en garde contre la tentation de la simplification.