Les sociétés financières britanniques accélèrent leurs délocalisations

L’imminence du Brexit oblige certaines d’entre elles à accélérer leur déménagement dans l’Union européenne. Dublin garde leur préférence.
Franck Joselin
Dublin Irlande UE
Dublin est la destination qui attire le plus de sociétés financières qui veulent quitter le Royaume-Uni.  -  Photo David Mark / Pixabay

Ce n’est pas l’exode, et beaucoup de sociétés financières britanniques sont encore dans une position d’attente face au Brexit. Cependant, malgré l’épidémie du Covid, les mouvements de délocalisation se sont accélérés ces derniers mois, après une pause au début de l’année 2020. Les sociétés doivent en effet se préparer à la possibilitéd’une sortie sans accord du Royaume-Uni hors de l’Union européenne.

Le cabinet EY, dans une note publiée hier et intitulée «EY Financial Services Brexit Tracker», constate ainsi qu’à la fin du deuxième trimestre, le transfert vers l’Europe de 400 nouveaux postes a été annoncé par les sociétés financières britanniques. Depuis le référendum en 2016, EY a noté que 7.500 postes dans la finance ont été déplacés – ou doivent l’être – hors de Grande-Bretagne. Par ailleurs, les firmes ont annoncé qu’elles embaucheraient 2.800 personnes supplémentaires hors du Royaume-Uni.

1.200 milliards de livres d’actifs transférés

«De nombreuses sociétés de services financiers avaient mis en œuvre l’essentiel de leurs plans de déménagement avant le début de l’année, et nous avons constaté très peu de mouvement au premier semestre 2020. Mais à l’approche de la fin de la période de transition, nous voyons quelques entreprises dans la phase finale de leur planification du Brexit, y compris avec des délocalisations», précise Omar Ali, managing partner chez EY, en charge du secteur des services financiers britanniques.

Conjointement aux mouvements de salariés, le rapport d’EY s’intéresse aussi aux actifs qui sortiront du Royaume-Uni. Au total, ce sont 1.200 milliards de livres (1.315 milliards d’euros) qui seraient transférées par les 24 entreprises qui ont publiquement déclaré délocaliser leurs actifs (dix banques, neuf assureurs, et cinq gestionnaires d’actifs). Cette somme représente 200 milliards de livres de plus qu’à la fin de l’année 2019 constate EY, selon des estimations que le cabinet considère comme restant «conservatrices».

Dublin reste la destination qui attire le plus dans ces projets, avec 34 entreprises de services financiers déclarant qu’elles envisagent (ou ont confirmé) s’installer dans la ville. Le Luxembourg est la deuxième destination la plus prisée et a attiré 26 entreprises au total. Francfort prend la troisième place avec 23 sociétés. Enfin, Paris n’a attiré, pour l’heure, que 20 sociétés.

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