Les sociétés financières britanniques accélèrent leurs délocalisations
Ce n’est pas l’exode, et beaucoup de sociétés financières britanniques sont encore dans une position d’attente face au Brexit. Cependant, malgré l’épidémie du Covid, les mouvements de délocalisation se sont accélérés ces derniers mois, après une pause au début de l’année 2020. Les sociétés doivent en effet se préparer à la possibilitéd’une sortie sans accord du Royaume-Uni hors de l’Union européenne.
Le cabinet EY, dans une note publiée hier et intitulée «EY Financial Services Brexit Tracker», constate ainsi qu’à la fin du deuxième trimestre, le transfert vers l’Europe de 400 nouveaux postes a été annoncé par les sociétés financières britanniques. Depuis le référendum en 2016, EY a noté que 7.500 postes dans la finance ont été déplacés – ou doivent l’être – hors de Grande-Bretagne. Par ailleurs, les firmes ont annoncé qu’elles embaucheraient 2.800 personnes supplémentaires hors du Royaume-Uni.
1.200 milliards de livres d’actifs transférés
«De nombreuses sociétés de services financiers avaient mis en œuvre l’essentiel de leurs plans de déménagement avant le début de l’année, et nous avons constaté très peu de mouvement au premier semestre 2020. Mais à l’approche de la fin de la période de transition, nous voyons quelques entreprises dans la phase finale de leur planification du Brexit, y compris avec des délocalisations», précise Omar Ali, managing partner chez EY, en charge du secteur des services financiers britanniques.
Conjointement aux mouvements de salariés, le rapport d’EY s’intéresse aussi aux actifs qui sortiront du Royaume-Uni. Au total, ce sont 1.200 milliards de livres (1.315 milliards d’euros) qui seraient transférées par les 24 entreprises qui ont publiquement déclaré délocaliser leurs actifs (dix banques, neuf assureurs, et cinq gestionnaires d’actifs). Cette somme représente 200 milliards de livres de plus qu’à la fin de l’année 2019 constate EY, selon des estimations que le cabinet considère comme restant «conservatrices».
Dublin reste la destination qui attire le plus dans ces projets, avec 34 entreprises de services financiers déclarant qu’elles envisagent (ou ont confirmé) s’installer dans la ville. Le Luxembourg est la deuxième destination la plus prisée et a attiré 26 entreprises au total. Francfort prend la troisième place avec 23 sociétés. Enfin, Paris n’a attiré, pour l’heure, que 20 sociétés.
Plus d'articles du même thème
-
Les investisseurs étrangers jouent contre les taux courts de la France
Face aux incertitudes budgétaires et politiques, les investisseurs étrangers, et probablement un peu les hedge funds, exacerbent la sensibilité des taux sur les Bons du Trésor français (BTF) à 6 mois. -
Apollo embarque Athora et l’Adic dans sa nouvelle machine à prêter européenne
Le gestionnaire américain lance European Credit Company, dotée de plus de 10 milliards d’euros de capacité de prêt, avec l’Adic, Athora, Norinchukin, Standard Chartered et une filiale de Temasek. -
Alphabet précède l’émission obligataire de Meta sur le marché euro
La maison mère de Google a réalisé lundi sa quatrième transaction obligataire sur le marché euro en un an et demi. Meta devrait suivre en dollar et en euro pour une transaction inaugurale sur six tranches.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
Contenu de nos partenaires
-
Fight, fight, fightMidterms : pourquoi rien n'arrêtera Donald Trump
Perdre le Congrès rendra-t-il le président des Etats-Unis plus faible ? Rien n’est moins sûr. Son tempérament, ses leviers et l'absence d’enjeu électoral devraient plutôt l'encourager au combat -
Voie sans issue« Ils ne tiennent plus le manche » : le budget de Sébastien Lecornu s’enfonce dans l’impasse
Avec la stagnation de l’économie française, même le délicat scénario des ordonnances ne suffira plus à réduire le déficit à 5 % du PIB en 2027, malgré 43 milliards d’efforts. Bercy mise encore sur un accord de non-censure après un 49.3 -
EditorialLFI, le mensonge au quotidien
Les émules de Donald Trump ne sont pas toujours ceux que l’on croit