Les sociétés de crédit à la consommation ont anticipé la réforme Lagarde
Les sociétés financières tentent de faire bonne figure dans la réforme sur le crédit à la consommation, dont la plupart des dispositions sont entrées en vigueur le 1er mai. Lors d’une conférence hier, l’ASF, l’association qui les représente, a insisté sur les risques que la loi Lagarde fait peser sur les clients. «Les clients devront être vigilants quant aux modifications des échéances, des mensualités et des modes de paiement induites par la loi», souligne François Langlois, directeur des relations institutionnelles chez BNP Paribas Personal Finance.
La loi n’en bouleverse pas moins l’activité. «Sa traduction informatique en terme de gestion des offres a nécessité des travaux d’une ampleur inégalée», indique Bruno Salmon, président de l’ASF, qui estime ces investissements à plusieurs dizaines de millions d’euros en moyenne par société.
Surtout, «la loi Lagarde va clairement impacter les business models et la rentabilité des sociétés financières», explique à L’Agefi l’un des principaux acteurs du secteur. En effet, plus que les banques, ces sociétés dépendent du crédit renouvelable, cible avouée de la réforme. «Nous sommes à peu près certains qu’il y aura beaucoup moins de crédits renouvelables au-dessus de 3.000 euros», seuil à partir duquel la loi oblige les prêteurs à donner le choix entre renouvelable et amortissable, précise Bruno Salmon.
Sachant que les principales sociétés financières sont filiales de banques, «on pourrait assister à une nouvelle répartition des tâches, les premières se concentrant dans le circuit dit long –le crédit en grande distribution– et les banques dans le circuit court, c’est-à-dire le démarchage direct, dont elles maîtrisent mieux les risques», indique Joao Violante, responsable de l’offre crédit chez l’éditeur de logiciels Linedata.
Parce qu’elles sont davantage visées, les sociétés financières ont de fait anticipé les bouleversements induits par la loi. En 2009, le crédit renouvelable représentait par exemple 80% des encours de Cofidis. La proportion était déjà tombée à un peu moins de 70% en 2010 et l’objectif est d’atteindre un ratio de 50/50 en 2013.
Les chiffres de l’ASF en mars attestent de la réorientation de la production. Celle des crédits renouvelables a continué à reculer (-1,4% par rapport à mars 2010), alors que les financements affectés ont progressé de 6,6% et que les prêts personnels ont bondi de 19%.
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