Les risques de la dette locale chinoise dans la ligne de mire de Moody’s

L’agence de notation envisage de dégrader la note des banques chinoises si Pékin ne met pas en route un « plan massif » pour nettoyer leur bilan
Patrick Aussannaire

Moody’s tire l’alarme sur l’exposition des banques chinoises aux emprunteurs régionaux. Dans un rapport publié ce matin, l’agence de notation estime que «la majorité des prêts aux gouvernements locaux sont de bonne qualité, mais selon notre estimation des caractéristiques de classification et de risque des prêts, tels que fournis par la NAO et les agences chinoises, nous arrivons à la conclusion que l’exposition des banques aux emprunteurs locaux est plus forte que prévue».

Sur les 10.700 milliards de yuans (1.100 milliards d’euros) de dette locales examinés par les autorités chinoises, 8.500 milliards ont été financés par les banques. Moody’s estime que ce montant pourrait être supérieur de 3.500 milliards de yuans. «L’ampleur potentielle des créances douteuses dans les banques chinoises serait plus proche de son niveau critique que de son niveau normal» avertit l’agence, qui estime le ratio de créances douteuses entre 8 et 12%, contre un niveau normal de 5 à 8% et un niveau critique de 10 à 18%. Et Moody’s de prévenir que les perspectives de note des banques chinoises pourraient être dégradées à «négative», à moins que les autorités n’envisagent un «plan massif» pour nettoyer le bilan des banques.

Théoriquement, les gouvernements locaux n’ont pas accès aux prêts bancaires, mais ont créé des véhicules de financement leur permettant de contourner cette règle. Si Pékin ferme les yeux sur ces pratiques, depuis la flambée de la dette de ces véhicules de financement en 2009, les autorités ont cherché à estimer la taille et la structure de ces créances.

Et les premiers risques pourraient se matérialiser assez rapidement. En effet, 24% de la dette locale est exigible en 2011 et 17% supplémentaires en 2012. Par ailleurs, 38% du remboursement de la dette est directement lié aux ventes immobilières. La société de gestion GaveKal estime que «pour le moment les mesures de frein au marché immobilier ont entrainé une baisse des ventes mais pas un effondrement». Sans compter que 25% des gouvernements locaux ont des niveaux de dette qui dépassent les recettes fiscales.

Plus inquiétant encore, 26% des véhicules de financement ont réalisé des pertes. La semaine dernière, le Hong Kong Economic Journal rapportait que le véhicule de financement de la ville de Shanghai n’était pas en mesure de payer ses intérêts mensuels et avait demandé un réaménagement de ses échéances.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...