Les renégociations de prêts immobiliers pèseront longtemps sur les banques françaises
Légère hausse des taux d’intérêt aidant, le mouvement de renégociation des prêts immobiliers semble marquer une pause en France. Mais les sommes en jeu ont été telles, surtout fin 2016 et début 2017, en dépit des réticences bancaires, que les comptes des banques françaises vont en porter la marque encore longtemps, estime l’agence de notation de DBRS, dans une note publiée récemment.
A fin avril, 30% du stock de prêts immobiliers inscrits dans les comptes des banques étaient issus de crédits accordés lors des 12 mois précédents, soit à des taux d’intérêt très faibles, entre 1,5 et 2%. Et pour 60% d’entre eux, ces nouveaux prêts ont été attribués en vue de racheter le crédit d’une autre banque ou à l’issue d’une renégociation. Ce phénomène a donc largement contribué à la chute du taux d’intérêt moyen sur l’ensemble des encours, passé de 2,87% fin avril 2016 à 2,34% un an plus tard.
Le reflux des taux a entraîné dès 2016 une baisse de 3% du revenu de la banque de détail en France, et une chute de 12% des profits avant impôt, estime DBRS. Mais, souligne l’agence de notation, la perte de profitabilité aurait été encore plus importante sans le versement par les emprunteurs de commissions pour remboursement anticipé ou renégociation. Selon l’agence, ces commissions ont représenté entre 2 et 5% des revenus de la banque de détail en 2016. Autant de chiffre d’affaires non récurrent appelé à disparaître, une fois le mouvement de renégociation achevé. A terme, en 2018, l’impact négatif de ce phénomène sur les comptes des banques serait donc plus net qu’en 2016. Et il se fera sentir d’autant plus longtemps que, rappelle DBRS, les banques françaises prêtent pour l’essentiel (90%) à taux fixe. Elles ne pourront donc pas répercuter les futures hausses de taux d’intérêt sur leurs clients. En moyenne, la durée des crédits immobiliers atteint 18 ans. Cependant, en réalité, leur maturité est limitée à 6 ou 7 ans compte tenu des changements de domicile qui amènent à des remboursements d’emprunt…
L’agence de notation, qui souligne donc l’impact des renégociations de crédit, relativise toutefois leur effet sur les profits globaux des banques françaises. Elle relève la diversification de leurs activités. La banque de détail en France ne représente que 15% des revenus de BNP Paribas, 33% pour la Société Générale, et 52% pour le Crédit Agricole. En revanche, ce ratio atteint 62% pour BPCE et 89% pour La Banque Postale.
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