Les régulateurs européens posent leurs exigences autour du Brexit
Les régulateurs européens poursuivent leur offensive pour prévenir les arbitrages réglementaires à l’approche du Brexit. La semaine dernière, l’autorité européenne des marchés financiers, l’Esma, a publié une série de principes pour guider les régulateurs nationaux lorsqu’ils font face à des demandes d’agrément d’entités basées au Royaume-Uni mais qui aimeraient continuer à avoir accès au marché de l’Union européenne après le divorce entre Bruxelles et Londres.
L’Esma avait déjà publié une série de principes généraux en mai. Les documents publiés la semaine dernière les complètent en précisant la marche à suivre par les régulateurs dans le cadre de l’enregistrement d’entreprises d’investissement, de sociétés qui gèrent des fonds Ucits et AIFM et d’opérateurs de places de marché (MR, MTF ou OTF).
L’Esma se défend d’appliquer «des standards ou des exigences nouveaux ou différents». Son objectif est de «garantir que les entreprises sont traitées de manière cohérente [ndlr : par les différents régulateurs] et qu’elles ne choisissent pas seulement une implantation pour des raisons d’arbitrages réglementaires ou de supervision», explique le patron de l’autorité, Steven Maijoor, dans un communiqué.
Ces lignes directrices s’inscrivent dans le sillage de celles qui ont été publiées la semaine dernière par le régulateur européen des assurances, Eiopa. Elles visent également à éviter la prolifération sur le territoire de l’Union européenne d’entités qui ne se réduiraient qu’à de simples boîtes aux lettres en exigeant d’elles un minimum de «substance». Au printemps, la Banque centrale européenne (BCE) avait fait savoir qu’elle aussi serait exigeante en matière d’octroi de licence bancaire.
En ce qui concerne les entreprises d’investissement et les opérateurs de plate-formes de trading, l’Esma demande aux régulateurs d'être vigilants sur les dispositifs d’externalisation d’activités dans un pays tiers. Elle précise que «toute externalisation qui débouche, pour le management senior, sur une délégation de sa responsabilité (…) n’est pas autorisée». Dans le même esprit, l’Esma insiste pour que les autorités soient regardantes sur les conditions de délégation dans des pays tiers pour la gestion de fonds AIFM ou Ucits.
Pour permettre aux autorités nationales d’échanger et d’harmoniser leurs pratiques, le gendarme européen a récemment mis en place un «réseau de coordination en matière de supervision».
Plus d'articles du même thème
-
L’Autorité bancaire formule ses propositions pour simplifier les règles prudentielles européennes
Le rapport publié mardi par l'Autorité bancaire européenne examine comment rationaliser le cadre de l’UE relatif aux fonds propres des institutions, réduire la complexité inutile, améliorer la cohérence et la prévisibilité, sans affecter leur résilience ni affaiblir l’action de supervision. -
Le régulateur chinois autorise les ETF actifs
Les analystes prévoient que le segment atteigne 50 milliards de dollars d’actifs d’ici la fin de l’année en Chine. -
Les banques européennes continuent d’émettre plus de 20% de «green bonds»
Les émissions d’obligations bancaires vertes ou durables sont restées robustes depuis trois ans, mais les émetteurs utilisent encore assez peu le nouveau format standard EuGB, même s’il est en progression depuis quelques mois.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
Contenu de nos partenaires
-
JoailleriePeut-on encore croire aux mythes ?
Pour sa nouvelle collection de haute joaillerie baptisée « Mythica », Louis Vuitton livre une proposition contemporaine et virtuose de la thématique des mythes. -
Chaud devantLa prévention victime de coupes dans le budget « com » de l’Etat ?
Alors qu'une canicule frappe le pays, la polémique monte sur des campagnes de prévention retardées -
Contre-pouvoirComment le Congrès américain peut saboter le deal iranien de Donald Trump
Le président américain a prévu, dans son accord avec l'Iran, plusieurs carottes financières pour le convaincre de négocier de bonne foi sur le nucléaire. Mais les parlementaires, surtout ses faucons républicains, ont des options juridiques pour l'en empêcher