Les régulateurs égratignent la vente de produits d’épargne en ligne
Les régulateurs enfoncent le clou. Le pôle commun de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et de l’Autorité des marchés financiers (AMF) a présenté jeudi lors d’une conférence organisée par l’ACPR les résultats d’une étude sur la commercialisation des produits d'épargne en ligne réalisée en 2020. Des testeurs externes ont souscrit auprès de 16 établissements distributeurs un contrat d’assurance vie et/ou un compte titres. Cette étude vient compléter celle qui avait été déjà publiée par l’AMF en juillet dernier mais qui ne portait que sur des comptes titres. La décision de l’ACPR de revenir sur le sujet aujourd’hui montre qu’il est loin d'être clos.
Quel que soit le type de contrat souscrit, il est déploré un manque d’accessibilité, de clarté et de lisibilité de l’information précontractuelle. Celle-ci existe, mais les investisseurs se noient dans la masse. Trop souvent, des données essentielles sont nichées dans les conditions générales de vente, auxquelles un être humain normalement constitué ne prête guère d’attention.
La majorité des établissements poussent le client à renoncer à l’exercice de son droit de rétractation sans que celui-ci n’en ait conscience. Parfois, les distributeurs jouent sur les petits caractères à la fin du contrat : les risques sont affichés en bas de page dans une police plus petite, les performances passées ne sont présentées qu’en brut, sans mention du fait qu’elles ne laissent pas présager des résultats futurs.
Jargon à bannir
Sur l’adéquation du produit au profil de risque, le pôle commun déplore des questionnaires basiques - type «connaissez-vous la garantie du fonds euros ?» - qui ne permettent pas d’évaluer les connaissances face à un produit complexe et d’approfondir la connaissance du patrimoine financier. Les documents d’information clé (Dic et Dici), supposés être une synthèse claire, sont jargoneux et peu lus, constatent les régulateurs. La nature de la rémunération du distributeur est mal comprise, de même que ses éventuels liens financiers avec le concepteur du produit.
L’ACPR et l’AMF recommandent de soigner la mise en forme des informations précontractuelles (avec notamment une présentation complète et agrégée des coûts), de temporiser les parcours pour éviter la souscription «en un clic», d’établir un recueil complet et cohérent de la situation du client pour proposer un produit adéquat. A noter que la «gamification» du parcours de souscription n’est pas totalement du goût des régulateurs, qui la considèrent inappropriée dans certains cas compte tenu du risque.
Plus d'articles du même thème
-
Le fonds de pension de BT perd 300 millions de livres dans Thames Water
Le BT Pension Scheme, régime de retraite britannique à prestations définies en phase d'extinction avec 31 milliards de livres d'actifs sous gestion, a confirmé le 22 juin une perte liée à son investissement dans le gestionnaire de réseaux d'eau en difficulté. -
Le Conseil européen approuve SFDR 2.0 avec quelques amendements
Les Etats membres de l'Union européenne ont validé les trois nouvelles catégories qui remplaceront à terme les articles 6, 8 et 9 de la première version du règlement Sustainable Finance Disclosure Regulation. -
Le New Jersey lance un appel d’offres en capital-investissement
Le fonds de pension des fonctionnaires du New Jersey vient de publier un appel d’offres pour gérer trois fonds de capital-investissement.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
Contenu de nos partenaires
-
Tri sélectifViolences sexuelles : pourquoi « la loi intégrale » ne sera pas intégrale
Sous pression depuis l’affaire Lyhanna, le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis un texte pour octobre -
AdaptationCanicule : comment Keolis cherche à « s'inspirer du réseau ferré de Boston »
Les réseaux de transports français n'ont pas été conçus pour les événements climatiques extrêmes qui deviennent une nouvelle normalité. Cela n'empêche pas de les prévoir et de limiter la casse -
Affaire Lyhanna : l’enquête qui vise Jérôme Barella élargie aux qualifications de meurtre et de viol sur mineur
Selon le parquet d’Agen, qui s’exprimait mercredi 24 juin, l’autopsie n’a pas été en mesure de déterminer « avec certitude » la cause de la mort de la jeune fille de 11 ans. Des examens complémentaires sont en cours