Les règles de Bâle 3 mises à mal par les événements sur les marchés
La crise de la dette souveraine, qui pèse chaque jour un peu plus sur les cours des banques, soulève encore une fois la question de la pertinence des futures exigences réglementaires du Comité de Bâle. Les ratios de liquidité à court (30 jours) et à long terme (un an), encore en discussion et exclus de la directive européenne CRD4 transposant les accords de Bâle 3, encouragent les établissements à garnir leurs bilans d’obligations d’Etat, classe d’actifs réputée la plus sûre. Mais la crise actuelle apporte de l’eau au moulin des banques, vent debout contre le tout-obligataire. Toute exposition souveraine semble être jugée à risque et pénalisée par les investisseurs.
«Le combat des banques consiste à élargir le panel d’actifs éligibles au calcul des ratios. Les actions sont les titres les plus liquides, même si elles impliquent des décotes plus importantes», rappelle un analyste. Le débat se pose aussi sur les titrisations, pour l’instant exclues, alors que ces titres sont admis au refinancement auprès de la BCE.
«Une réflexion sur ces ratios est considérée comme d’autant plus impérieuse que la dégradation des Etats-Unis peut avoir un effet sur le marché de la pension livrée (repo) pour les banques européennes, dans les transactions où les collatéraux sont des obligations d’Etat américaines», indique un analyste-crédit. Or, ce marché joue un rôle important dans la liquidité des banques, soit sous sa forme bilatérale (une banque prête à une autre contre des titres apportés en garantie), soit sous sa forme tripartite (un intervenant tiers gère les paniers de collatéraux pour le compte des deux contreparties).
Pour certains, les exigences de fonds propres réglementaires de Bâle 3 se sont également révélées être un piège pour les banques. «Alors que leur application est répartie sur cinq ans jusqu’en 2018, le marché considère qu’elles doivent être uniformément respectées dès 2013», souligne un analyste. Dès lors, «ces exigences agissent comme un repoussoir pour les investisseurs, très regardants sur la rentabilité des fonds propres», ajoute un professionnel.
Pour finir, la situation actuelle pousse les banques américaines à retarder au maximum leur mise en conformité avec les nouvelles règles de Bâle. Début juillet, les analystes de JP Morgan s’inquiétaient déjà dans une note «d’un possible arbitrage réglementaire provoqué par les différences de calendrier et du manque de cohérence des exigences de capital entre les juridictions».
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Applaudimètre« Même si vous ne m’aimez pas » : au Bourget, la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon
Devant plus de 20 000 personnes selon les organisateurs, le candidat insoumis a présenté samedi la version actualisée de son programme L'Avenir en commun. Pour espérer battre Marine Le Pen, il compte sur des « causes communes » plutôt que sur des concessions. -
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre