Les réassureurs sauront se contenter d’une modeste hausse des tarifs
La nature se montre pour l’heure clémente à l'égard des réassureurs cette année après un exercice 2011 particulièrement riche en catastrophes naturelles, notamment au Japon ou en Australie. Mais une nouvelle «perte catastrophique» reste bien selon Fitch la principale menace à la perspective stable allouée par l’agence au secteur. A la veille des traditionnels Rendez-vous de Septembre à Monte-Carlo, du 8 au 13, les agences Fitch et Standard & Poor’s se montrent confiantes dans la capacité du secteur à maintenir une situation financière solide.
Après un coût correspondant aux catastrophes naturelles de 27,9 milliards de dollars en 2011, Fitch table sur des pertes de 6,2 milliards cette année et de 10,9 milliards en 2013. Si la situation financière des réassureurs reste solide, ils ne doivent rien céder sur la discipline quant aux primes, l’agence misant déjà sur un ratio combiné sectoriel mondial en dégradation de 5,1 points en 2013 à 97,2% après celui de 109,1% subi en 2011. Les Scor et autres Munich Re feront donc montre de vigilance à l’occasion des prochains renouvellements de contrats.
Pour autant comme le souligne Fitch, «l’offre de réassurance devrait dépasser la demande dans une majorité de segments au cours des douze prochains mois». De quoi anticiper selon l’agence «un niveau général réduit de hausse des prix à l’occasion des renouvellements du 1er janvier». L’agence qualifie néanmoins d'«adéquate» la tarification générale, qui apparaît toujours plus personnalisée au profil de risque du contrat.
Les analystes de Standard & Poor’s n’anticipent pas davantage de «scénario à court terme où le surplus de fonds propres disparaîtrait du marché de manière massive».
D’après le courtier Aon Benfield, les réassureurs mondiaux disposaient de 480 milliards de dollars de capitaux disponibles à fin juin, un chiffre en hausse de 5% par rapport à fin 2011.
L’agence souligne tout de même la faiblesse des rendements sur investissements et la baisse progressive attendue des reprises sur provisions, associée à une «augmentation des tarifs (qui) reste modérée» pour prévenir tout excès de confiance. Si le secteur bénéficie à l’heure actuelle d’un surplus de capital, il reste tributaire d’un environnement macroéconomique bien incertain. Face à ces fondamentaux qui devraient selon S&P perdurer pendant les deux ou trois prochaines années, l’agence appelle les réassureurs à ne pas rester immobiles.
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