Les réassureurs prédisent au mieux une stabilité de leurs tarifs en 2011
Baden Baden confirme la tendance esquissée à Monte-Carlo. Dans la ville d’eaux allemande, où se négocient les termes des contrats de réassurance qui arrivent à échéance le 1er janvier prochain, les grands noms du secteur ont livré des perspectives mitigées. L’année 2011 se caractérisera au mieux par une stabilité des tarifs, ont annoncé Munich Re et Hannover Re.
Certaines branches restent toujours aussi compétitives, comme l’assurance auto, notamment en Allemagne, où sévit une guerre des prix qui fera grimper le ratio combiné (sinistres et frais sur primes) à 105% en 2010, selon Swiss Re. «Dans la réassurance des risques industriels, la pression sur les prix sera soutenue», ajoute Hannover Re. Les acteurs du marché cherchent en effet dans cette branche à préserver leurs volumes, largement entamés par la crise économique et les fermetures d’usines.
La stabilité générale des tarifs cache des hausses ciblées dans des niches ou des régions où le coût des sinistres augmente. Ce devrait être le cas pour les catastrophes naturelles en France et en Europe centrale, où la fréquence des tempêtes et des inondations oblige les réassureurs à revoir leurs modèles de souscription. Dans la réassurance des plates-formes pétrolières offshore, les tarifs ont même flambé suite à l’explosion de Deepwater (BP) dans le Golfe du Mexique. «Les taux de prime pour ce type de risque ont augmenté de 50%», rappelaient les analystes de Raymond James la semaine dernière, qui calculent que Swiss Re, Munich Re et Hannover Re pourraient passer respectivement 85 millions, 125 millions et 15 millions de dollars supplémentaires de provisions sur ce sinistre au troisième trimestre.
Ces quelques hausses ne bouleversent pas l’équation économique des réassureurs, défavorisés par l’environnement de taux bas. «Des taux d’intérêt très bas rendent des hausses de tarifs nécessaires, notamment dans les activités impliquant des prises de risques sur le long terme, plaidait hier Ludger Arnoldussen, membre du comité exécutif de Munich Re. Il faut que les réassureurs mais aussi les assureurs primaires agissent». L’incapacité des réassureurs à imposer ces hausses de primes pour compenser la faiblesse de leurs revenus financiers est d’ailleurs l’une des raisons qui a poussé hier la recherche actions de Bank of America Merrill Lynch à abaisser sa recommandation sur Swiss Re.
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