Les réassureurs européens affichent des performances contrastées en vie
L’activité de réassurance vie a engendré des fortunes diverses au deuxième trimestre chez les réassureurs européens. Swiss Re, numéro deux mondial du secteur, a décroché hier matin à la Bourse de Zurich après avoir publié un résultat net en progression, mais décevant en raison d’une contre-performance dans son pôle vie et santé.
Le groupe helvétique a accru son bénéfice de 2%, à 802 millions de dollars (600 millions d’euros). Mais les analystes attendaient bien davantage. Le consensus Bloomberg prévoyait un résultat net de 898 millions. La contre-performance du pôle vie et santé est largement responsable de cette déception. Ce dernier affiche un mince résultat net de 48 millions au deuxième trimestre 2014, contre 154 millions un an plus tôt (soit une chute de 68%). Les autres activités du groupe (réassurance dommages, corporate solutions et acquisitions de portefeuilles de polices) ont réalisé 553 millions de profit (+22%), un montant considéré comme modeste par certains analystes.
Swiss Re est en train de restructurer son pôle vie et santé, activité qui était déjà la moins profitable du groupe en 2013. Le réassureur s’est fixé l’objectif d’atteindre un ratio de rentabilité des capitaux situé entre 10% et 12% en 2015; ce ratio n’était que de 3% au deuxième trimestre 2014.
A l’opposé, son concurrent et numéro trois mondial du secteur, Hannover Re, a plus que doublé son bénéfice net dans l’activité de réassurance vie. Il atteint 72 millions d’euros. Cette performance permet à l’ensemble du groupe d’accroître son bénéfice trimestriel de 10%, à 211,5 millions d’euros. C’est légèrement inférieur au consensus des analystes (établi à 224 millions), en raison du recul de 20% du résultat de la division non-vie, à 150 millions.
Les deux réassureurs font état d’une baisse des sinistres provoqués par les catastrophes naturelles au deuxième trimestre (-63% pour Swiss Re, à 158 millions de dollars et -59% pour Hannover Re à 105 millions). La conséquence positive est la réduction des demandes d’indemnisations. Mais elle induit un effet pervers, en exerçant une pression à la baisse sur les prix; cet effet se double d’une surabondance d’offres alternatives de réassurance, émanant d’investisseurs de marchés. Le capital disponible pour couvrir les catastrophes naturelles atteint des sommets (555 milliards de dollars selon le courtier Aon Benfield), provoquant un manque à gagner pour les réassureurs traditionnels tels que Swiss Re ou Hannover Re.
Plus d'articles du même thème
-
Rexel veut muscler son jeu aux USA avec le rachat de GCG pour 1,4 milliard de dollars
Le distributeur de matériel électrique Rexel renoue avec la croissance externe en s'offrant une plateforme spécialisée dans les infrastructures. -
Le dollar accompagne la hausse du pétrole
Le billet vert peut régulièrement se recorréler au cours du pétrole, cette fois-ci davantage en lien avec les pressions inflationnistes aux Etats-Unis que pour son rôle de valeur refuge. Mais cette "recorrélation" avec le cycle monétaire n’est par définition pas forcément durable. Surtout si les autres banques centrales remontent aussi leurs taux. -
Le collège de l'AMF requiert une lourde sanction contre Auris Gestion et ses deux dirigeants
L’organe de poursuite a sollicité une amende d'un million contre la société de gestion, assortie d’un avertissement, et de 500.000 en cumulés contre deux de ses dirigeants.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Crise des carburants : d'où vient le gazole que consomment les Français ?
Une éventuelle décision de Donald Trump de stopper les exportations américaines de pétrole raffiné fait craindre à la France, qui importe la moitié de son diesel, une flambée des prix qui pourrait atteindre 3,90 euros le litre -
Mystification« Le pacifisme dévoyé de Jean-Luc Mélenchon fait le jeu de Vladimir Poutine »
Sous couvert de prévenir toute escalade, le leader insoumis « s'accommoderait parfaitement d’une annexion de l’Ukraine et se place du côté de l’agresseur russe », analyse Philippe Marlière, politiste à l’Université de Londres et spécialiste des gauches -
Laïcité, GPA, fin de vie… Le discours offensif de Léon XIV face à Emmanuel Macron
Reçu à l'Elysée peu après son arrivée à Paris, vendredi matin, le pape a insisté dans sa première intervention sur plusieurs sujets clivants du débat public français.