Les rachats d’actions ont la cote chez les dirigeants de banques
Les valorisations attirantes des sociétés du secteur financier engendrées par leur forte chute en Bourse n’ont pas laissé indifférents leurs dirigeants et leurs administrateurs.
Dernièrement, ceux de BNP Paribas ont procédé à d’importants achats d’actions de leur propre banque. Ainsi, selon les avis déposés auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) dans le courant du mois d’août, Jean-Laurent Bonnafé, directeur général délégué (DGD) et successeur désigné du directeur général Baudouin Prot le 1er décembre prochain, a acquis huit blocs entre les 9 et 11 août, représentant un total de 30.000 actions et 1,078 million d’euros. Ces achats ont été effectués «dans le cadre du mandat d’administrateur» du dirigeant, comme il est précisé dans les déclarations individuelles à l’AMF.
Les 11 et 12 août, Georges Chodron de Courcel, également DG délégué de BNP Paribas, a pour sa part acquis environ 4.000 actions pour un peu moins de 150.000 euros. Louis Schweitzer, l’ancien PDG de Renault aujourd’hui membre du conseil d’administration de BNP Paribas, s’était déjà renforcé le 3 août, en acquérant l'équivalent de 216.156 euros de titres, au prix unitaire de 43,2 euros.
Ces opérations ont été menées pendant une période où l’action BNP Paribas a été fortement chahutée sur fond de crise de la dette souveraine: le 10 août, son titre a connu son niveau le plus bas depuis 29 mois, à 35,61 euros. A cette date, il avait reculé de plus de 21% depuis le début du mois et de 33% par rapport au cours de clôture du 30 juin.
Cette tendance est générale dans les grandes entreprises, notamment dans le secteur financier. Le 4 août, le directeur général de Morgan Stanley, James Gorman, a acquis à lui seul 100.000 actions de la banque. Son directeur financier, Ruth Porat, et le coresponsable de l’activité de banque d’investissement, Paul Taubman, en ont acquis 75.000 à eux deux. Le cours de l’établissement évoluait alors à ses plus bas niveaux depuis mars 2009.
Depuis la publication des comptes semestriels, les multiples du secteur ont nettement chuté, laissant espérer une revalorisation progressive. Cela dit, les dirigeants-actionnaires devront faire preuve de patience avant de se retrouver en plus-value significative: BNP Paribas a terminé la séance hier à 36,69 euros, en baisse de 2,16%. Quant à Morgan Stanley, son cours a encore chuté de 17% depuis le 4 août, à 16,45 dollars, son niveau le plus bas depuis janvier 2009.
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