Les professionnels de la finance en France en quête d’un nouvel eldorado du bonus
Les professionnels de la finance en France semblent disposés à s’adapter promptement à l'évolution des nouvelles règles du jeu en matière de bonus, dont l’application devrait être effective dès le début de l’an prochain pour les rémunérations variables au titre de 2010.
Selon une enquête menée début novembre auprès de 627 d’entre eux par eFinancialCareers, près de la moitié (48%) songeraient à partir travailler à l’étranger en cas d’un plus strict encadrement. Le site d’offres d’emplois cite New York (26%), Genève (24%) et Hong Kong (17%) comme étant les destinations les plus prisées par ceux qui évoquent la quête d’un nouveau départ sous des cieux plus cléments. 22% des personnes interrogées pourraient en outre postuler «auprès de sociétés financières non réglementées» comme les fonds alternatifs.
James Bennett, directeur général d’eFinancialCareers pour l’Europe, le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Asie-Pacifique, souligne que ce «durcissement» concernant les bonus représente donc bel et bien une «préoccupation» pour des salariés qui «semblent prêts à prendre des mesures radicales pour en éviter les effets».
Néanmoins, un tiers (34%) seulement des répondants estiment que les nouvelles règles sont susceptibles d’engendrer la délocalisation de certaines activités vers des pays plus accueillants (Suisse, Dubaï, Emirats arabes unis ou Etats-Unis en tête). Julia Lemarchand, analyste marché chez eFinancialCareers, avance qu’il n’y a pas en vue de délocalisations à proprement parler, au regard de l’investissement majeur que cela constitue pour les banques. Elle constate certes le développement de certaines activités et le recrutement de professionnels à l'étranger, notamment à Londres où le «vivier» de talents est riche.
Quoi qu’il en soit, les professionnels de la finance en France semblent pour le moins sereins. 89% d’entre eux s’attendent à percevoir un bonus au titre de 2010. Et près de la moitié (48%) misent sur un montant en progression, 14% allant jusqu'à tabler sur une hausse supérieure à 50%. Seuls 12% craignent un recul par rapport au bonus 2009.
Mieux encore, ils semblent dans leur majorité faire fi des menaces qui pèsent sur les modalités de versement des bonus. Parmi ceux qui pensent être récompensés, 62% attendent un bonus majoritairement en cash et 63% escomptent un versement intégral immédiat, à savoir sans partie différée.
Plus d'articles du même thème
-
Les dépréciations de goodwill du CAC 40 restent rares
En 2025, les entreprises de l’indice ont seulement enregistré 1,3 milliard d’euros de dépréciations, un niveau qui reste très bas. Le montant de goodwill poursuit sa légère décrue à 440 milliards d’euros. -
Continental parachève son recentrage sur les pneumatiques
L’équipementier automobile allemand a signé un accord avec Lone Star en vue de lui céder sa filiale ContiTech pour un montant plancher de 4 milliards d’euros. -
EasyJet accepte de se faire racheter par Castlelake
La compagnie avait rejeté l’offre du fonds d’investissement à quatre reprises. La dernière proposition, à 5,5 milliards de livres, a finalement été acceptée.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les actions coréennes approchent du bear market
Contenu de nos partenaires
-
Je t'aime, moi non plusProcès Le Pen : Entre juges et politiques, un divorce déjà consommé
Les magistrats de la Cour d’appel de Paris sont sous forte pression tant leur décision changera le cours de l’élection présidentielle. Fragilisée par le scandale Lyhanna, la justice risque d'être sous le feu des critiques jusqu'en 2027 -
L'envie d'avoir envie« Le combat d’un père » : Edouard Philippe se lâche et se lance
Le candidat Horizons à la présidentielle promet des « efforts partagés » pour préparer « la France de nos enfants » -
EditoLe pied-de-nez de l’Iran à l’Amérique
Embourbé dans un conflit dont il ne voit pas l’issue, Donald Trump est là où il ne voulait pas être. Tout l’inverse de l'Iran, qui est là où l’Amérique, ne voulait pas qu’elle soit : conforté dans un rôle d’acteur régional incontournable