Les prêteurs étrangers font machine arrière dans leur développement en Russie
Faute de pouvoir atteindre une taille critique, nombre de banques occidentales, à l’image de Barclays et Santander, décident de se désengager de leurs activités de détail en Russie. La banque britannique a ainsi annoncé la semaine passée prévoir de céder ses activités dédiées, acquises en 2008 pour 745 millions de dollars (550 millions d’euros), après avoir été contrainte d’enregistrer un écart d’acquisition de 243 millions de livres (290 millions d’euros) dans ses comptes 2010.
Alors que Santander a cédé il y a deux mois sa filiale russe Consumer Bank à la banque domestique Orient Express, HSBC pourrait également suivre cette voie, selon des rumeurs de presse en Russie. Le groupe ne confirme pas.
Ce mouvement de retrait, généré par des gains de parts de marché des acteurs nationaux, englobe également des acteurs comme KBC. La banque belge doit se délester de sa participation dans Absolut Bank dans le cadre d’accords avec la Commission européenne. Par ailleurs, Rabobank a demandé ce mois-ci à la banque centrale russe d’annuler sa licence dans le pays en vue de se concentrer sur d’autres pays, tels que la Chine et les Etats-Unis. «Les acteurs étrangers n’ayant pas une taille suffisante sont poussés hors du pays. Ils ne peuvent concurrencer les banques domestiques», note un analyste.
Sberbank et VTB Group, les deux principales banques russes, exercent une position croissante, y compris dans les activités de marché. Alors que la première souhaite acquérir Troika Dialog, la plus ancienne banque d’investissement nationale, la seconde a mis la main mardi sur une part de 46,5% dans Bank of Moscow et vise l’ensemble du capital. Si ces acquisitions sont finalisées, les banques nationales détiendront plus de 60% du marché des souscriptions des obligations domestiques, selon des données Bloomberg.
La donne n’est cependant pas la même pour tous, certains acteurs étrangers étant parvenus à tirer leur épingle du jeu. La Société Générale (SG), qui dispose de plus de 600 agences dans le pays et plus de 16.000 employés, entend faire de la Russie le plus important contributeur de ses résultats dans la banque de détail à l’international d’ici 2015. «UniCredit, SG et Raiffeisen sont présents depuis longtemps en Russie et ont bien fait. Il existe dans le pays un énorme potentiel de croissance sur le marché du crédit à la consommation», relève un analyste.
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