Les PDG d’Axa et Scor restent mieux rémunérés que leurs homologues banquiers
Il s’en est fallu d’un cheveu. Denis Kessler, devenu l’an dernier le patron le mieux rémunéré pour les grands groupes cotés du secteur financier en France, cède sa couronne à Henri de Castries, selon le pointage réalisé par L’Agefi. Le PDG d’Axa s’est vu attribuer au titre de l’exercice 2012 une rémunération totale de 4,73 millions d’euros, contre 4,64 millions (-15% sur un an) pour celui de Scor, qui a reçu moins d’actions conditionnelles.
Si l’on excepte CNP, entreprise publique où le bonus du directeur général Frédéric Lavenir a été plafonné à 50.000 euros par an pour un fixe de 400.000 euros, les patrons assureurs restent largement mieux rémunérés que les banquiers. Ils le doivent parfois à leur bonus (2,27 millions pour Henri de Castries), et surtout à leurs plans de stock-options et d’attribution conditionnelle et différée dans le temps d’actions, dont la valeur est comptabilisée immédiatement. Les banques, elles, n’attribuent plus de stock-options à leurs dirigeants depuis le début de la crise. En revanche, les plans d’actions à long terme s’y développent. Suivant BNP Paribas, la Société Générale a mis en place au titre de 2012 ce bonus d’un nouveau genre.
Ce mécanisme explique en grand partie la forte hausse (+69%) de la rémunération totale attribuée à Frédéric Oudéa, après une baisse sensible en 2011. Côté BPCE et Natixis, une relative stabilité prévaut. Chez BNP Paribas, le passage de témoin fin 2011 rend les comparaisons difficiles. Seule certitude, Baudouin Prot affiche une rémunération relativement élevée pour un président non exécutif: près de 2 millions, dont 825.000 de part variable. Son prédécesseur, Michel Pébereau, émargeait à 1,28 million de moyenne sur 2010-2011. Michel Lucas a perçu 800.000 euros de fixe au Crédit Mutuel CIC (sa part variable reste à arbitrer, sachant qu’elle serait nulle pour le DG Alain Fradin). Jean-Marie Sander, président de Crédit Agricole SA, qui a eu droit à 584.000 euros, ne touche pas de bonus par principe.
CASA constitue d’ailleurs un cas intéressant. Si son président non exécutif est le moins bien loti parmi ses pairs, son directeur général Jean-Paul Chifflet s’est vu attribuer 450.000 euros de bonus pour 2012, dont la majorité est différée, conditionnelle et payable en titres, après 900.000 euros au titre de 2011. Deux exercices où la banque a enregistré une perte historique cumulée de 7,9 milliards d’euros.
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