Les objectifs d’Aviva laissent le marché sceptique

D’ici à la fin 2016, l’assureur veut doubler son cash-flow annuel à 800 millions de livres et ramener son ratio de frais d’exploitation sous le seuil des 50%
Stéphanie Salti, à Londres

Trop timides, pas assez ambitieux : les nouveaux objectifs annoncés hier par Aviva n’ont pas convaincu les marchés financiers, qui sanctionnaient le cours de l’action à hauteur de 3,63% à 493,90 pence à la clôture hier soir. Arrivé il y a dix-huit mois à la tête d’Aviva, Mark Wilson avait pourtant décidé de donner un coup d’accélérateur à sa stratégie «cash-flow and growth».

«Nous avons réalisé des progrès au sein d’Aviva et il est temps de passer à la prochaine étape de cette restructuration» a-t-il souligné hier en introduction de la journée investisseurs à Londres. Depuis 2011, l’assureur a réduit son périmètre d’activité de 28 à 17 marchés, transformé sa direction générale en simplifiant les niveaux hiérarchiques et procédé à une vague de licenciements. Hier, le groupe a détaillé ses nouveaux objectifs financiers, et notamment son intention de doubler son cash-flow annuel à 800 millions de livres d’ici à la fin 2016 et de ramener son ratio de frais d’exploitation, actuellement à 54%, sous le seuil des 50% au cours de la même période.

Le groupe en a profité pour réitérer son objectif de réduction de l’endettement au travers de l’ensemble des entités du groupe à 2,2 milliards de livres d’ici à la fin 2015. L’endettement financier net devra aussi passer sous la barre des 40% sur le moyen terme. Toutes les filiales seront sollicitées.

Malgré les progrès accomplis, Aviva Europe, qui contribue à hauteur de 31% à la trésorerie du groupe et à 36% de la valeur des affaires nouvelles, doit encore améliorer sa base de coûts, jugée trop élevée dans la plupart des pays européens dont la France. A l’image des autres pays européens, l’Hexagone, qui a généré entre 2012 et 2013 une hausse des affaires nouvelles à hauteur de 39% à 166 millions de livres, doit accroître sa part de marché dans le secteur de l’assurance emprunteur, actuellement limitée à 1% d’un marché d’une valeur de 19 milliards d’euros.

Enfin, la France devra aussi remodeler sa distribution afin de répondre aux nouvelles exigences du groupe désireux d’offrir un «vrai modèle composite». Tous ses canaux de distribution, d’Aviva direct en passant par le Crédit du Nord, UFF et sa filiale d’assurance auto en direct Eurofil, devront ainsi tous offrir les mêmes produits. Ce qui n’est pas encore le cas.

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