Les " monolines " devraient constituer le gros des dépréciations bancaires au premier trimestre
Certains observateurs, banquiers compris, considèrent que les banques françaises ont adopté une politique relativement optimiste en terme de dépréciation de leurs actifs à risque (toxiques ou illiquides) dans leurs comptes 2008. Ils s’accordent à penser que les monolines (rehausseurs de crédit) constituent le principal risque de dépréciation pour les banques de l’Hexagone au premier trimestre. « Pour réduire leur consommation de capital nécessaire aux tranches de titrisation «AAA», elles ont massivement assuré ces portefeuilles auprès des monolines – d’autant que ces protections étaient bon marché à l’époque », rappelle un analyste.
Les actifs subissent le double effet d’une détérioration de la qualité des actifs sous-jacents et des difficultés des assureurs-crédit. Les dépréciations attendues devraient ainsi amoindrir les revenus engrangés par les banques de financement et d’investissement (BFI) sur les marchés de taux et grâce à l’amélioration des marges de crédit.
Le 30 avril, lors de l’assemblée générale de Natixis, Jean-Marc Moriani, patron des activités de banque de financement et d’investissement, a ainsi averti que l'établissement aurait à passer « de nouvelles dépréciations significatives, notamment sur les rehausseurs de crédit ». Selon Credit Suisse, elles pourraient atteindre 250 millions d’euros sur le risque monoline au premier trimestre.
La facture sera encore plus importante chez ses concurrents. Les analystes du courtier KBW estiment ainsi la facture à 1 milliard d’euros pour la BFI de BNP Paribas, imputable pour moitié à des baisses de revenus et pour moitié à une provisions. Du côté de la Société Générale, le courtier estime à 900 millions d’euros la charge à passer sur les monolines.
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