Les litiges pèsent d’un poids croissant dans les comptes des banques
Les publications de résultats des banques américaines et européennes au deuxième trimestre ont confirmé le poids croissant des litiges. Il atteste d’une profonde dégradation des rapports entre les banques et leurs clients, mais aussi avec le monde politique et judiciaire.
«Il me paraît légitime de renforcer nos provisions collectives, indiquait à ce propos Frédéric Oudéa, le PDG de la Société Générale, au moment de la publication des comptes du groupe début août. Le risque de litige augmente. Il fera partie intégrante notre stratégie en 2014, où nous passerons un maximum de provisions tant que cela n’obère pas notre rentabilité.» Au deuxième trimestre, la Société Générale a provisionné 109 millions d’euros pour litige fiscal.
Beaucoup de banques européennes sont dans le même cas. Les risques juridiques peuvent être hérités de la crise des subprimes aux Etats-Unis, concerner des ventes abusives (les scandales liés aux produits d’assurance emprunteur ou de couverture éclaboussent la Place britannique) ou des manipulations de marché (le cas des taux de référence affecte de nombreuses banques d’investissement).
Le passage de 630 millions d’euros de dotations au deuxième trimestre –contre 256 millions d’euros un an plus tôt– a divisé par deux le bénéfice de Deutsche Bank. Motifs principaux: manipulation du Libor, évasion fiscale dans les marchés du carbone, fraude sur les dérivés à Milan et un procès relevant des subprimes. Une initiative qui porte le total à trois milliards d’euros pour le groupe.
Les établissements helvétiques, historiquement très présents aux Etats-Unis et sur les marchés, ne sont pas en reste: UBS, cité dans de multiples procédures, a ainsi mis de côté 658 millions de francs suisses (530 millions d’euros), contre seulement 378 millions au trimestre précédent et seulement 181 millions un an plus tôt. Au total, ses provisions représentent 2,2 milliards de francs au 30 juin, contre 584 millions douze mois plus tôt.
En raison de l’ampleur des scandales au Royaume-Uni, les banques britanniques ont fortement augmenté leurs dotations. Barclays a par exemple 3,2 milliards de livres de réserves (3,75 milliards d’euros) pour litiges et dédommagements, contre un milliard en juin 2012.
Par leur présence mondiale, les banques américaines sont également aux premières loges. JPMorgan, cité dans de multiples procédures, a provisionné 600 millions de dollars supplémentaires, deux fois plus qu’un an plus tôt.
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