Les institutions financières étrangères réorganisent leurs activités en Espagne
Cession de participations, restructurations, licenciements: les banques et compagnies d’assurance étrangères présentes en Espagne remettent de l’ordre dans leurs affaires. Après la banque britannique Lloyds, qui vendait cette semaine ses activités de détail à Banco Sabadell pour 84 millions d’euros, c’est au tour de la compagnie d’assurance néerlandaise Aegon de lui céder 49,9% de sa participation dans l’assureur espagnol Mediterráneo Vida, une filiale de Banco CAM, pour 449,5 millions d’euros.
Pour Banco Sabadell, ces deux acquisitions ont du sens: la banque catalane contrôle désormais l’ensemble des activités de l’ancienne caisse d’épargne CAM qu’elle a rachetée en 2011. De plus, pour les banques espagnoles qui ont «d’importants problèmes de marges et de commercialisation», investir dans le secteur des assurances est très attrayant en raison des «nombreuses commissions» et du «peu de risques», remarque Miguel Angel Bernal, professeur d’économie à l’Institut d’Etudes Boursières de Madrid (IEB).
Pour les banques étrangères, loin de vouloir se désengager de la péninsule, elles cherchent plutôt à restructurer leurs affaires en Espagne. Pour Lloyds, la vente de ces actifs de banque de détail s’inscrit dans le cadre d’une stratégie de rationalisation de sa présence internationale. Et puis, une source du secteur explique que les banques étrangères ont souvent du mal à faire mieux que les banques espagnoles très compétitives dans la banque de détail.
De même, la décision de Barclays en début d’année de fermer 160 agences dans la péninsule et de licencier 1100 employés correspond plus à un plan stratégique prévu par la compagnie pour s’alléger de 3700 emplois dans le monde entier, des licenciements qui sont loin d’être exclusifs à l’Espagne. Antony Jenkins, le directeur général de Barclays, confiait au quotidien Expansion qu’en Espagne, il souhaitait «repositionner son établissement sur un segment plus ciblé, orienté vers une clientèle à fort pouvoir d’achat et liquider les actifs non stratégiques».
La vente des actifs d’Aegon correspond également à une logique similaire. L’assureur a résilié cette année ses partenariats avec les anciennes caisses d’épargne Banca Civica et Unnim Banc, qui selon une source du secteur, «étaient tout simplement des mauvais compagnons de voyage».
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