Les indicateurs de liquidités restent à des niveaux de tension élevés
Après la Société Générale, BNP Paribas doit s’employer à déjouer la rumeur. La banque de la rue d’Antin a démenti hier des problèmes de financement en dollar soulevés dans une chronique du Wall Street Journal, demandé une enquête à l’AMF, et au passage, a remis à jour les compteurs sur sa dette court terme.
Entre le 29 juillet et le 9 septembre, les actifs dont le groupe dispose pour son refinancement auprès des banques centrales ont ainsi régressé, de 150 à 135 milliards d’euros. Il faut dire que dans le même temps, le financement reçu des fonds monétaires américains a reculé de 22%, à 36 milliards en équivalent euros. Les money market funds représentent encore 60% de la dette à moins d’un an en dollars de BNP Paribas.
Ces précisions, un jour après celles données par la Société Générale, ont permis d’endiguer la dégringolade de l’action dans la journée. Les obligations BNP Paribas ont aussi souffert, puisque les lignes 2022 et 2023 abandonnaient 3,6 points et près de 3 points respectivement en matinée. Les CDS des deux banques ont fini par se détendre à la marge dans l’après-midi, mais restent historiquement élevés: 300 points de base pour BNP Paribas, et 434 pb pour la Société Générale, selon CMA DataVision.
Malgré l’accalmie d’hier, ces différents chiffres traduisent bien le degré de tension sur les marchés. Sur les trois mois allant jusqu’au 11 août, les fonds monétaires américains avaient déjà réduit de 40% leur exposition aux banques françaises, et réduit les maturités, selon la recherche Deutsche Bank. Dans l’interbancaire, l’écart entre l’Euribor 3 mois et le swap Eonia a certes reculé hier de 3,6 pb à 81,5 pb. Même décrue, de 11 pb à -101 pb, pour le swap croisé de devises euro/dollar 3 mois, qui matérialise la prime payée par les banques empruntant des euros à taux variable et les échangeant contre du dollar – une technique utilisée par exemple ce mois-ci par BNP Paribas. Mais les niveaux n’ont jamais été si élevés depuis décembre 2008.
«Si la situation continue à ce rythme, les banques européennes pourraient être tentées d’emprunter en dollar auprès de la BCE car cette ressource (1,10% d’OIS + 100 pb) finirait par devenir moins onéreuse que celle obtenue à travers le marché en euros», soulignent les stratégistes de Citigroup. Mais la Fed verrait sans doute d’un mauvais œil un usage massif de ce dispositif, bien qu’elle ait prolongé ses lignes de swaps avec la BCE jusqu’en août 2012.
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