Les grandes banques d’investissement font grise mine dans les taux
L’été 2013 a correspondu à un creux inhabituellement fort pour l’activité de taux des banques d’investissement. Ces dernières semaines, les avertissements publics se sont succédé pour mettre par prudence en avant cette atonie.
Avec un trimestre clos fin août, Jefferies a été le premier à devoir détailler ses chiffres, passant par un plongeon de 88% sur le trimestre écoulé des revenus du trading du pôle taux, changes et matières premières (FICC, fixed income, currencies, commodities). Le directeur général Richard Handler a souligné que Jefferies a subi de plein fouet la prudence renforcée des investisseurs face à un environnement de remontée des taux et d’écartement des spreads. Le dirigeant a assuré que, depuis le Labor Day (fête du travail, le 2 septembre), l’activité était revenue «à des niveaux plus habituels».
De son côté, le directeur financier de Credit Suisse, David Mathers, a concédé qu’en juillet et août les conditions de marché ont exacerbé le ralentissement saisonnier sur les taux, tandis que son homologue chez Morgan Stanley, Ruth Porat, a évoqué des volumes d’activité pour l’ensemble du secteur «un peu plus faibles» que ceux de l’an dernier tout en promettant un mois de septembre très actif. Sur le trimestre, la bonne tenue côté actions ne compensera qu’en partie le repli côté taux.
Le statu quo dévoilé la semaine passée par la Réserve fédérale concernant son programme d’assouplissement quantitatif a pourtant réduit à néant selon un cadre anonyme d’une grande banque cité par le Financial Times les derniers espoirs de regain de vigueur de l’activité sous l’impulsion du retour des investisseurs sur le marché. Le quotidien britannique s’est inquiété ces derniers jours des effets de la morosité ambiante sur les résultats de Citigroup ou de Deutsche Bank. Anshu Jain, le co-directeur général de la banque allemande, sera attendu sur le sujet lors d’une conférence à Londres demain.
Barclays a quant à elle indiqué la semaine passée avoir subi en juillet-août une baisse de 500 millions de livres, près de 600 millions d’euros, de ses revenus, sous le coup d’un recul «significatif» en banque d’investissement. Le pôle FICC pourrait selon les analystes de Citigroup accuser une chute de 30 à 50% de ses revenus au troisième trimestre. Ces mêmes analystes soulignent que JPMorgan, Deutsche Bank et HSBC sortent renforcées des années de crise sur le secteur, au détriment de RBS, UBS et Morgan Stanley.
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