Les grandes banques américaines devraient faire fi des litiges en 2013
L’année 2013 a été agitée pour les banques américaines, qui entament aujourd’hui avec JPMorgan la publication de leurs comptes. Elles ont fait face à la multiplication des litiges, dont la facture n’a cessé d’enfler.
Les provisions passées au cours des neuf premiers mois par JPMorgan, Wells Fargo (qui publie aussi aujourd’hui), Bank of America (mercredi), Citi (jeudi), Goldman Sachs (jeudi) et Morgan Stanley (le 17 janvier) ont déjà atteint 18,7 milliards de dollars, dont 11 milliards pour JPMorgan et 4,8 milliards pour BoA.
En outre, «les banques devraient avoir subi les mêmes contraintes au quatrième trimestre qu’au précédent: une pression sur les revenus d’intérêts, la faible croissance des prêts et le recul du crédit hypothécaire», indiquent les analystes de Credit Suisse. En raison de la politique de taux de la Fed, ces derniers prévoient pour les banques ayant une activité de détail (BoA, JPMorgan, PNC Financial, US Bancorp et Wells Fargo) une hausse de 1% du revenu d’intérêt au quatrième trimestre et une baisse de 1% pour l’année. Ils anticipent par ailleurs un recul de 27% de la production hypothécaire et de 25% des refinancements au dernier trimestre.
Enfin, les revenus de trading pourraient se trouver en territoire négatif en fin d’année, à l’instar de ce qu’a indiqué Citi. En revanche, les activités de banque d’investissement sont soutenues par le primaire actions, qui s’est redressé en 2013.
En conséquence, seul Wells Fargo résisterait de justesse à la baisse du bénéfice net au quatrième trimestre, selon le consensus Bloomberg (à 5,3 milliards de dollars). BoA limiterait les dégâts (-1,6% à 3,14 milliards), tout comme Morgan Stanley (-5% à 831 millions). La déconvenue serait plus forte pour Citi (-12% à 3 milliards), JPMorgan (-20% à 5,3 milliards) et Goldman Sachs (-27% à 2,05 milliards).
Pour autant, les analystes estiment que 2013 sera un bon millésime. Selon le consensus, les banques devraient cumuler un résultat net annuel en hausse de 21%, à 74,1 milliards de dollars. Celui de BoA bondirait de 58% à 10,4 milliards. Seul celui de JPMorgan reculerait de 8% (à 20,3 milliards) et serait dépassé pour la première fois par Wells Fargo (21 milliards).
Etant donné le peu de perspectives claires pour 2014, les observateurs seront attentifs à l’évolution des coûts (notamment juridiques), ainsi qu’aux acteurs qui sauront profiter du dynamisme dans le primaire actions et le M&A.
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