Les fusions et acquisitions resteront bridées dans le secteur bancaire
Les modifications du paysage économique et réglementaire vont durablement influencer le profil des fusions et acquisitions (M&A) dans le secteur bancaire, selon une étude récemment publiée par le cabinet PwC. Rappelant que «la majorité des fusions-acquisitions réalisées dans le secteur des services financiers au cours des 10 dernières années étaient des transactions bancaires», Hervé Demoy, associé PwC, estime que le repli de l’activité des M&A bancaires constaté depuis 2010 à l’échelle mondiale «traduit plus qu’un ralentissement conjoncturel».
Malgré le dynamisme des zones émergentes (Asie-Pacifique, Amérique latine) et une vague attendue de rapprochements au sein des établissements de taille moyenne aux Etats-Unis, l’activité devrait encore pâtir des incertitudes sur la valorisation des banques en Europe, en raison de la volatilité des marchés et d’un manque de clarté sur les pertes potentielles de leur portefeuille de crédits. A la réticence des banques étrangères d’investir dans la région s’ajoute le souci des acteurs européens de se conformer à des obligations plus strictes en matière de capital. Dans ce contexte de crise de confiance qui rend les sources de financement plus difficiles, les restructurations liées à une politique de recentrage devraient demeurer le moteur principal des M&A bancaires en Europe occidentale.
L’étude souligne le rôle grandissant des fonds souverains dans les transactions du secteur au cours des dernières années. «La crise financière a renforcé leur influence, mais elle a conduit ces intervenants à faire preuve d’une plus grande prudence vis-à-vis des marchés matures», relève le cabinet de conseil. Si le comportement de ces investisseurs témoigne parfois d’une volonté d’engagement à long terme, il peut également être dicté par des considérations plus opportunistes ou politiques, ce qui rend alors leurs objectifs opaques. Compte tenu de la force de frappe financière de ces fonds, l’apparition de rumeurs est en outre susceptible de remettre facilement en cause des transactions potentielles.
De leur côté, les groupes de capital-investissement continueront vraisemblablement à privilégier le rachat d’activités générant des commissions, comme la gestion d’actifs ou les systèmes de paiement. Mais il n’est pas exclu qu’ils se portent plus souvent candidats à la reprise d’actifs considérés comme non stratégiques par les banques.
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