Les fraudes n’ont pas augmenté avec l’explosion du paiement sans contact
Les paiements aussi sont sortis modifiés des périodes de confinement-déconfinement. «2020 a été une année de rupture sur l’évolution des paiements», a ainsi résumé François Villeroy de Galhau, gouverneur de la banque de France, lors de la présentation du rapport de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP). En particulier, le paiement sans contact qui représentait un tiers des paiements par carte avant la crise, a atteint 46% en 2020 et affiché une hausse de 86% en valeur à 78,4 milliards d’euros. «Il a bénéficié à la fois de l’élévation du plafond de paiement de 30 à 50 euros en mai 2020 et d’une forme de défiance pour le paiement physique du fait du contexte sanitaire», explique le gouverneur. Dans le même temps, le taux de fraude de ce moyen de paiement a touché son plus bas historique à 0,013%.
Au total, le taux de fraude sur la carte bancaire est en très légère hausse à 0,068% (0,066% en 2019) et représente 37% des fraudes. La fraude «s’est concentrée sur les paiements sur internet, en hausse de 13% en 2020, ce qui justifie les mesures d’authentification forte prévues par la directive DSP2», avance le gouverneur en faisant référence au grand chantier du plan de migration de la Place française en 2020. Alors que début 2020, 17% des porteurs de cartes actifs sur internet étaient équipés et 57% des flux de e-commerce en valeur faisaient appel à l’authentification du porteur via 3D Secure, ces chiffres sont respectivement de 81% et 95% en juin 2021. Une avancée utile : après sept années de baisse, le taux de fraude des paiements à distance est très légèrement remonté à 0,174%.
Malgré un taux très bas de 0,0008%, la fraude sur les virements/prélèvements s’inscrit aussi en très légère hausse. «Le virement a connu une recrudescence des attaques de fraude par usurpation d’identité auprès des entreprises et des administrations», explique l’OSMP.
«Ces chiffres de l’OSMP prouvent la mobilisation des banques pour proposer à leurs clients des moyens de paiements variés et sécurisés», se félicite la Fédération bancaire française (FBF), organisation qui regroupe les banque installées en France.
Le chèque reste le moyen le plus fraudé
Une chose toutefois n’a pas changé en 2020 : le chèque conserve pour la troisième année consécutive son titre de moyen de paiement le plus fraudé. Malgré une baisse de son utilisation en volume à 1,2 milliard de chèques (en baisse de 26% et représentant 5% des transactions scripturales), sa part dans les montants fraudés de l’ensemble des moyens de paiement est de 42%, pour 538 millions d’euros. Son taux de fraude progresse à 0,088%, représentant l’équivalent d’un euro de fraude pour 1.100 euros de paiement. Selon la Banque de France, 60% de ces fraudes sont dues à des remises frauduleuses de chèques à l’encaissement et 40% à des chèques frauduleux acceptés de bonne foi (dont 6% de contrefaçon). Pour lutter contre ce fléau, dix recommandations et cinq conseils de prudences sont proposés par l’institution, tournant notamment autour d’un renforcement des dispositifs de vigilance des banques, de la traçabilité des envois et d’une promotion du Fichier national des chèques irréguliers. «Le moindre élément anormal doit attirer l’attention», résume Julien Lasalle, secrétaire de l’OSMP.
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