Les Français se méfient encore des nouveaux entrants du monde bancaire
Les banques françaises estiment avoir franchi un cap. 67% des consommateurs ont désormais une bonne image du secteur, selon le 29e observatoire de la Fédération bancaire française (FBF) rendu public hier. Selon ce sondage réalisé par BVA, la cote de l’industrie remonte de 15 points par rapport au plus bas de 2010 et dépasse les 63% de 2007, avant la crise financière, mais elle reste inférieure aux 75% de l’an 2000. Si la FBF ne communique pas cette année sur la distinction entre «assez bonnes» et «très bonnes» opinions, elle explique l’embellie récente par les efforts déployés pour améliorer la «relation clients».
A l’échelle individuelle, 78% des Français ont une bonne image de leur propre banque, un niveau quasi stable. 53% (+6 points) ont confiance dans la solidité des banques pour faire face à d’éventuelles crises à venir, mais ils restent vigilants. Seuls «57% pensent que les banques sont des partenaires avec lesquels les clients sont en confiance».
La banque traditionnelle continue à s’imposer face à internet et aux acteurs alternatifs: 60% des clients (+5%) souhaitent garder un conseiller attitré même s’ils vont moins en agence. Seuls 49% sont prêts à faire confiance à Paypal pour leurs paiements, 29% aux opérateurs de téléphonie mobile et 15% à Google, Amazon, Facebook, Apple et Twitter.
En outre, 8% des Français pourraient «donner leurs identifiants bancaires (…) à un établissement de paiement autre qu’une banque», qui centraliserait tous leurs comptes comme le propose déjà Bankin.com. BVA a en effet demandé à chaque sondé s’il est d’accord pour qu’un tel établissement réalise des transactions «à votre place et d’un simple clic». Un intitulé légèrement anxiogène, assumé par la FBF.
Adoptée en trilogue début mai, «la DSP2 (directive européenne services de paiements, ndlr) donne à ces nouveaux acteurs un statut allégé de prestataire de paiement, explique Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la FBF. A un moment où les cyberattaques se multiplient, il ne faut pas introduire des maillons faibles». En attendant la définition de règles du jeu plus précises par l’Autorité bancaire européenne, le baromètre de la FBF montre un faible intérêt des Français pour l’ouverture d’un compte dans un supermarché (21%), dans un bureau de tabac avec le Compte Nickel (19%), via un fournisseur d’accès à internet (13%) ou via Google, Amazon, etc (8%). Les moins de 35 ans et les Franciliens y sont toutefois plus sensibles.
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