Les fonds monétaires américains boudent les banques européennes
Les banques européennes vont-elles voir leurs liquidités en dollars se tarir? L’hypothèse apparaît de plus en plus réaliste, justifiant les récentes craintes des marchés vis-à-vis du financement des banques européennes. Selon les données recensées par Bloomberg, les fonds monétaires américains ont réduit de manière importante leurs avoirs dans les instruments de dette émis par les banques de la zone euro au profit des établissements suisses, jugés plus sûrs.
A fin juillet, les six principaux fonds monétaires américains, appartenant à Fidelity Investments, Federated Investors et Vanguard entre autres, ne détenaient plus aucune dette des banques espagnoles et italiennes et avaient réduit leurs investissements dans les banques françaises. La détention de dette des fonds monétaires américains en Europe a baissé de 38 milliards de dollars en juillet à 340 milliards, d’après une note de JP Morgan.
«La perte soudaine de confiance est un risque sérieux», notent les analystes de RBS. «Aucune banque ne peut exister lorsque les contreparties perdent confiance et retirent leur financement, même si la perte de confiance est déclenchée pour de mauvaises raisons.»
La détention par ces fonds de certificats de dépôts et autres instruments de dette des banques françaises avait progressé de 14% au deuxième trimestre avant que la tendance ne s’inverse en juillet, conduisant à un recul de 10,2% sur un an.
La filiale obligataire de la société Legg Mason a indiqué que ses fonds monétaires n’investiraient plus dans la dette des banques françaises mais qu’ils continueraient de financer d’autres émetteurs du pays, bien qu’elle reconnaisse que ses établissements financiers restent fiables. «La France a été identifiée comme étant le gros risque à venir en cas d’effet domino», admet Kevin Kennedy, gérant de portefeuille pour les investissements occidentaux du groupe qui détenait 1,4 milliard de papiers commerciaux de banques françaises à fin juillet. Federated continue en revanche de souscrire à la dette bancaire française qu’il considère comme présentant «un risque de crédit minimal» tandis que Vanguard se tient à l’écart de la plupart des émissions de dette bancaire européenne depuis les premières craintes sur les dettes souveraines apparues en 2010.
Les analystes de RBS estiment à 4 ou 5 milliards d’euros la baisse des financements disponibles pour les banques depuis plusieurs semaines, liée au retrait des fonds monétaires américains initié en mai.
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