Les experts du leasing ont la cote
Le moral est au beau fixe chez les professionnels du leasing. « Après de belles progressions ces dernières années, l’activité reste en forte croissance, notre chiffre d’affaires ayant augmenté de 5 % au premier semestre 2019 par rapport à l’an passé », se félicite Anne Bertrand, directrice des ressources humaines (DRH) de la DIAC, l’entité qui gère les activités opérationnelles du groupe RCI Bank and Services en France pour les marques de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. Même tendance du côté de Crédit Agricole Leasing & Factoring (CAL&F) où cette vitalité du secteur a eu pour corollaire une transformation des modèles de distribution sur le crédit-bail mobilier. « Historiquement, nos assistants et ingénieurs commerciaux travaillaient en direct avec les clients finaux, confie Corinne Darbon-Lagay, DRH de CAL&F, qui emploie en France 1.200 collaborateurs. Aujourd’hui, ce sont les banques du groupe, les caisses régionales du Crédit Agricole et LCL qui vendent nos solutions de financement et de services. Du coup, l’ensemble de notre force commerciale s’est adaptée. » Les anciens assistants sont devenus chargés de relations au servicing, une entité créée pour les conseillers bancaires. « Les ingénieurs commerciaux sont désormais chargés d’affaires, avec pour mission d’intervenir sur les dossiers les plus complexes, ou délégués CBM (crédit-bail mobilier, NDLR) ayant vocation à animer les équipes commerciales des partenaires bancaires », ajoute Corinne Darbon-Lagay.
Profils commerciaux
Pour accompagner la croissance, les acteurs du leasing recrutent. « Ces dernières années, nous avons engagé en moyenne une centaine de collaborateurs supplémentaires par an. En 2018, le rythme s’est encore accéléré puisque nous avons procédé à 162 embauches en CDI, et ce, dans l’ensemble des métiers du ‘front’, du ’middle’ et du ‘back office’ », détaille Béatrice Le Terrec, DRH de BNP Paribas Leasing Solutions, où 1.527 collaborateurs en France gèrent la commercialisation des solutions de leasing sur l’ensemble des marchés, à l’exception de l’automobile, qui est réservée à Arval. La DIAC, qui compte, elle, 1.100 salariés dans l’Hexagone, a déjà réalisé près de 130 embauches en CDI en 2019, l’essentiel des recrutements portant sur des conseillers commerciaux en plates-formes, des managers d’affaires et des analystes financiers. Afin d’attirer des profils commerciaux, CAL&F puise dans le vivier des diplômés d’écoles de commerce ou de Sciences Po, de préférence dotés d’un master 2 en finance. « Pour ces postes, nous accueillons aussi bien des profils juniors que seniors, en province, en région parisienne et à Paris », précise Corinne Darbon-Lagay. L’entreprise recherche également des ingénieurs commerciaux spécialisés en agriculture ou dans les énergies et territoires dans le but de développer ses activités liées à la transition énergétique. Michaël Lallement, 31 ans, a été recruté en septembre 2018 comme ingénieur commercial en charge d’Agilor. Au quotidien, ce diplômé d’un BTS en négociation commerciale, qui a auparavant travaillé pendant dix ans dans l’animation de réseaux de garages et la vente de matériels de travaux publics, œuvre au développement des ventes de crédit-bail auprès des concessionnaires de machines agricoles. « Mon travail consiste à soutenir les cellules Agilor implantées dans les caisses régionales pour les faire monter en compétences sur le crédit-bail, qui représente encore moins de 10 % de la production globale, explique le trentenaire. Je consacre aussi une grande partie de mon temps aux réunions avec les concessionnaires et les agriculteurs afin de concevoir des plans de financement adaptés à leurs besoins. »
Pour identifier des candidats, BNP Paribas Leasing Solutions privilégie toujours dans un premier temps la filière interne, comme l’indique la DRH : « Lorsque nous ne trouvons pas les expertises en interne, nous aller les chercher en externe. Cela peut concerner des postes d’experts en cyber-sécurité, de ‘data scientists’ ou encore de responsables de marché ». A la Diac, 40 % des recrutements sont pourvus via l’intérim, l’alternance et les stages. « A cela, il faut aussi ajouter le flux des mobilités internes, relève Anne Bertrand. En 2018, 120 collaborateurs ont été amenés à changer de poste. » C’est ce qui vient de se produire pour Bastien Mage, 28 ans, nommé en mars dernier business manager en charge des offres de financement pour la clientèle particulière Renault et Dacia, après cinq années passées sur le terrain comme manager affaires, puis manager groupe à Dijon et Lyon. A la tête d’une équipe de trois personnes, ce pur produit du groupe élabore les nouvelles offres de financement pour les clients particuliers Renault et Dacia. Il participe également aux réflexions sur les futures mobilités. « Demain, nous devrons imaginer des solutions comme l’auto-partage, qui permettront à nos clients de rouler par exemple en citadine la semaine et en monospace le week-end », dit-il. Pour la suite de sa carrière, le professionnel a deux options en tête : « Retourner sur le terrain en région, ou découvrir la finance ou la gestion de projet. » Michael Lallement aimerait, lui, s’orienter vers le management d’équipes commerciales. Les acteurs du leasing ont en effet la particularité d’offrir, en plus des passerelles naturelles vers les autres entités de leur groupe, un vaste champ de possibilités d’évolution en interne. Et cela dessine parfois de belles trajectoires, comme le rappelle Béatrice Le Terrec : « Notre nouveau directeur général délégué, Pascal Layan, a effectué toute sa carrière chez nous, en enchaînant des responsabilités fonctionnelles en France et à l’étranger, avant d’être nommé numéro deux en janvier dernier. »
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