Les eurodéputés débattent d’exigences différenciées selon la taille des banques
Le débat sur la structure des banques, lancé en janvier avec la création par le commissaire Barnier d’un groupe de travail, va rebondir au Parlement européen cette semaine avec le premier débat en commission des Affaires économiques sur les nouvelles exigences prudentielles issues des règles de Bâle 3. Dans une série d’amendements en cours de finalisation, les députés du groupe des verts et des sociaux-démocrates demandent une différenciation entre banques selon leur taille et/ou leur modèle économique dans l’application des ratios de capitaux et de levier.
Emmenés par le Belge Philippe Lamberts, les écologistes, qui se trouvent pour la circonstance alliés aux conservateurs britanniques, proposent de créer trois catégories de banques: fondamentales (les plus petites, strictement limitées à l’activité de dépôt et de prêts aux entreprises), systémiques et «autres» (banques universelles de taille moyenne). Ils proposent l’application d’un ratio de levier de respectivement 3%, 9% et 6% pour chacune de ces catégories.
Les socialistes défendent, à l’instar là encore des Britanniques, la possibilité pour les autorités de supervision (y compris le conseil européen du risque systémique) d’aller au-delà des exigences de Bâle 3. L’élu allemand qui coordonne leur position, Udo Bullman, recommande une surcharge en capital automatique de 50% voire 100% par rapport aux propositions de la Commission, au-delà de certains seuils de taille de bilan, en cours de définition.
Ces propositions commenceront à être examinées demain en commission. Les discussions entre groupes politiques pour sceller des compromis débuteront dès cette semaine. Membre du groupe de centre-droit PPE, le rapporteur des deux textes en discussion n’a pour l’instant prévu dans son rapport qu’une surcharge en capital pour les banques systémiques, en ligne avec les travaux en cours du Conseil de stabilité financière. Othmar Karas, toutefois, est proche des intérêts des banques coopératives et des caisses d’épargne, fortes dans son pays d’origine, l’Autriche, et pourrait être sensible à l’idée d’une différenciation des exigences en fonction de la taille ou de l’activité.
Compte tenu du nombre d’amendements (plusieurs centaines), le vote en commission prévu le 25 avril pourrait être repoussé. Les négociations avec les ministres des Finances commenceront seulement ensuite.
Plus d'articles du même thème
-
Pour trouver l'exposition des entreprises au pétrole, cherchez leurs émissions de CO2
La flambée du cours de l'or noir ne pénalise pas toutes les entreprises de la même manière. Dans cette tribune, Vincent Auriac, président d'Axylia, suggère de s'intéresser à leurs émissions carbone pour trouver leur dépendance au pétrole. -
«Nous ne voyons pas d’effets de second tour susceptibles de justifier des hausses de taux»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. -
Roundhill met au point un ETF pour protéger les portefeuilles face à l’IA
Le fonds, à gestion passive, réplique l’indice Akros U.S. Heavy Assets Low Obsolescence, sélectionnant 100 sociétés américaines à forts actifs physiques
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
SuccessionAssistanat, primaire de droite élargie... Comment Sarah Knafo réécrit le zemmourisme
Nouvelle rhétorique, image policée, l'eurodéputée se veut une version plus fréquentable de son mentor et compagnon. Au risque d’alimenter des soupçons jusque dans son propre camp -
Le pape Léon XIV se rendra en France du 25 au 28 septembre prochain pour une visite d’Etat
Selon les informations du Monde, Léon XIV devrait se rendre à Lourdes en plus de Paris. La visite d’un troisième lieu est envisagée. Il s’agira du premier vrai voyage d’État d’un pape en France depuis le dernier séjour de Benoît XVI en 2008 -
Profil basProjet de loi sur la justice criminelle : mouvements féministes et avocats font reculer Gérald Darmanin
Le garde des Sceaux est prêt à amputer son texte de sa mesure-phare, le plaider-coupable criminel pour les viols