Les errements de Standard Chartered lui auront coûté plus de 660 millions de dollars
Standard Chartered tire un trait sur le dossier des transactions illicites avec des pays soumis à des sanctions américaines. La banque britannique avait déjà résolu un volet du litige cet été en passant un accord avec le département des Services financiers de l’Etat de New York (DFS), moyennant le versement de 340 millions de dollars. Hier, elle a bouclé son chemin de croix en trouvant un terrain d’entente avec plusieurs régulateurs américains.
Elle versera ainsi 100 millions de dollars à la Fed et 227 millions au département américain de la Justice (DoJ) et au bureau du procureur du comté de New York. L’accord inclut également une pénalité de 132 millions de dollars au bureau du contrôle des avoirs étrangers du Trésor américain - une somme couverte par le paiement au DoJ - et une amélioration des procédures de contrôle interne.
Dans un communiqué, la Fed évoque des «réponses incomplètes et inadéquates aux demandes des inspecteurs» ainsi qu’une «supervision insuffisante» du programme de conformité relatif aux sanctions économiques américaines, au dispositif sur le secret bancaire et aux exigences de lutte contre le blanchiment. «Le comportement de Standard Chartered a été flagrant et inacceptable», a renchéri Lanny Breuer, assistant du procureur général des Etats-Unis.
En août dernier, Benjamin Lawsky, le responsable du DFS, avait porté un coup à la réputation de l'établissement en l’accusant d’avoir traité quelque 250 milliards de dollars de transactions illicites avec l’Iran. Le système était rôdé : les ordres transitaient par la filiale américaine de la banque qui biffaient les noms des clients pour masquer leur provenance. L’accord avec le DFS a été révélé le 14 août, permettant à la direction de StanChart d'échapper à une audition devant le régulateur prévue le lendemain.
La banque britannique n’est pas la seule à subir les foudres des autorités américaines. La liste est déjà longue : UniCredit, Commerzbank, Deutsche Bank, RBS ou encore ING qui a accepté de verser 619 millions de dollars pour des transactions avec Cuba, l’Iran, le Soudan et la Libye. HSBC négocie également une porte de sortie. De sources concordantes, la banque devrait verser au moins 1,9 milliard de dollars dans le cadre d’un accord global.
Plus d'articles du même thème
-
L’Italie veut instaurer l'exit tax pour retenir les millionnaires
Calquée sur le modèle français avec quelques nuances, la proposition de taxe concerne les titulaires d’un patrimoine financier supérieur à 800.000 euros qui seraient tentés par un départ de la Grande Botte. -
En changeant de taux directeur, la Banque de Chine espère donner un coup de pouce à l’économie
La banque centrale chinoise met en pratique sa nouvelle politique monétaire avec un taux directeur désormais au jour le jour, réduisant mécaniquement le coût des financements et le rendement de ses obligations souveraines. Une mesure de relance qui n’arrive pas seule. -
Stonepeak finalise la reprise de Castrol avec le soutien du Canada Pension Plan Investment Board
BP, son propriétaire depuis 2000, a bouclé la vente de la majorité du capital au fonds d'infrastructures Stonepeak, conformément aux conditions annoncées fin 2025, valorisant Castrol 10,1 milliards de dollars. Le gestionnaire d’actifs du régime de pensions du Canada participe à l’opération en tant qu’actionnaire minoritaire indirect.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
Contenu de nos partenaires
-
Coup de pressionPrimaire : la guerre d'usure de Gabriel Attal contre Edouard Philippe
Le candidat Renaissance se satisfait d'avoir mis en évidence que le maire du Havre est le facteur bloquant. Il veut accroître la pression sur lui -
Cash« L'Italie a un besoin désespéré de capitaux » : Giorgia Meloni taxe les riches qui veulent partir
Avec son « exit tax » qui touchera les contribuables fortunés, Rome cherche à préserver son assiette fiscale tout en continuant d’attirer les grandes fortunes étrangères, illustrant une concurrence européenne croissante pour les capitaux -
Come backPrésidentielle : qu'il se rase ou pas, Bruno Le Maire y pense très fort
Bruno Le Maire travaille discrètement, mais activement, à une candidature. Si les circonstances le permettent